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Opéra/ Théâtre du Capitole /Oberon - Carl Maria von Weber
19 au 29/04/2011
     

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L’acte de naissance de l’opéra romantique allemand

En ce début de Printemps 2011, le Théâtre du Capitole programme une œuvre rarissime à la scène, l’Oberon de Carl Maria von Weber. Pourquoi cet ouvrage, dont la partition est splendide, demeure-t-il si discret à l’affiche ? Est-ce la création à Toulouse ? Qu’allons-nous finalement entendre ? Voilà bien des mystères dont certains assurément ne seront jamais révélés.

Il est impossible aujourd’hui d’avoir une mémoire vivante de la création de cet ouvrage à Toulouse, puisque celle-ci eût lieu en 1846 et dans une traduction française transformant le titre d’origine en Huon de Bordeaux. Depuis, plus rien !


Rani Calderon sera au pupitre d’Oberon

 

Cet opéra, une commande du Covent Garden de Londres, fut créé en anglais, bien sûr, en 1826. Le compositeur ignorait alors, en ce 12 avril, qu’il ne lui restait que peu de jours à vivre. Il s’éteignit le 5 juin de la même année. Ces deux petits mois ne suffirent évidemment pas au compositeur pour reprendre fondamentalement Oberon  et lui donner la forme allemande qu’il souhaitait par-dessus tout. D’autres que lui s’en sont mêlés par la suite, Mahler en tête. Aucun résultat n'est convaincant. Le premier grand opéra romantique allemand demeure à jamais dans les limbes de la Musique. Le problème réside dans les nombreux dialogues parlés faisant partie du cahier des charges de l’Opéra Royal londonien. Que faire ? les couper complètement, les réduire, les mettre en musique ? Tout a été tenté. Mais, à vrai dire, la seule partition musicale suffit pour justifier le qualificatif de chef-d’œuvre à l’égard de cet opéra.

Contenant deux rôles d’une extrême difficulté : Rezia et Huon, cet ouvrage exige donc deux chanteurs de très haut niveau, un ténor wagnérien sachant vocaliser (!) et une soprano de la même catégorie. Autrement dit, des perles plus que rares.
Frédéric Chambert les a pourtant trouvées et retenues depuis longtemps. Il s’agit de Ricarda Merbeth (Rezia) qui fut déjà au Capitole aussi bien la Comtesse des Noces de Figaro que l’Impératrice de La Femme sans Ombre. Excusez du peu ! C’est le ténor Klaus Florian Vogt qui se lancera dans le rôle ô combien chevaleresque et romanesque du Sire Huon de Bordeaux.
Déjà brillant Adolar à la Halle aux grains lors de la création in loco de l’Euryanthe de Weber en 2010, le voici donc dans ce rôle vocalement diabolique, juste après son Parsifal barcelonais et avant son Boris (de Katia Kabanova) viennois, sans oublier son Titus mozartien de cet automne à l’Opéra de Paris. Un duo explosif en perspective.
Complètent cette distribution incontestablement haut de gamme, le baryton Arttu Kataja (Scherasmin), le ténor Tansel Akzeybek (Oberon), et les mezzo-sopranos Silvia de La Muela (Puck) et Roxana Constantinescu (Fatima).
C’est une nouvelle production qui va accueillir cet évènement. Elle est signée Daniele Abbado pour la mise en scène, Angelo Linzalata pour les décors, Giada Palloni pour les costumes et Guido Levi pour les lumières. Soulignons également le travail de dramaturgie et d’adaptation des dialogues parlés (confiés à un comédien) de Ruth Orthmann.
Enfin, revenant à Toulouse, le chef israélien Rani Calderon retrouvera les phalanges capitolines pour son second Weber, après Euryanthe.

Robert Pénavayre

 

infos
 

Renseignements et réservations :

www.theatre-du-capitole.fr

Représentations :

19, 22, 24, 26 et 29 avril 2011


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