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Opéra/ Théâtre du Capitole /Récital Stéphanie d'Oustrac - 17/03/2010
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CRITIQUE
Rimes en éventail
C’est en l’auditorium Jean Cassou du Musée des Abattoirs que le Capitole « hors les murs » recevait son interprète de La Voix humaine, la mezzo française Stéphanie d’Oustrac, pour un récital de mélodies consacré à des compositeurs hexagonaux.
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Stéphanie d’Oustrac |
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Ce type de manifestation est toujours un moment de rencontre privilégié entre un artiste et son public, l’ambiance feutrée de cet auditorium ajoutant à l’intimisme des pièces interprétées, ici superbement accompagnées par le piano complice de Pascal Jourdan.
Et c’est bien sûr avec un bonheur sans mélange que nous retrouvions Stéphanie d’Oustrac dans un répertoire qu’elle pare d’un timbre finement mordoré et d’une prosodie qui touche à la perfection. Musicienne accomplie, cette cantatrice nous fait entendre ici des mélodies françaises composées juste avant le premier conflit mondial, entre 1910 et 1914. Si elle a choisi Darius Milhaud, Claude Debussy, Louis Vierne et Lili Boulanger pour cette période, elle y adjoint également le trop rare, pour ne pas dire inconnu Jacques de la Presle (1888-1969).
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C’est d’ailleurs avec lui qu’elle ouvre son récital, interprétant quatre de ses mélodies dont les poèmes sont signés Henri de Régnier et Général de la Tour, des mélodies finement ciselées dans la plus pure tradition française. Le programme se terminait avec une pièce plus récente, cette Dame de Monte Carlo que Francis Poulenc écrivit en 1961 sur un texte de Jean Cocteau ; en fait, musicalement, l’adaptation d’une œuvre pour piano antérieure. Véritable fantôme de l’héroïne de la Voix humaine, cette Dame suicidaire, coureuse de casinos, porte en elle les affres d’une société en pleine décadence. Stéphanie d’Oustrac s’y révèle magistrale d’intention, offrant à ce véritable personnage une extraordinaire palette de tons à la fois désabusés et ironiques. Un grand moment.
Devant l’enthousiasme du public, Stéphanie d’Oustrac prolongea son programme avec A Chloris de Reynaldo Hahn et le piquant, pour ne pas dire plus, Porc à l’Espagnole du musicien lyonnais Ennemond Trillat (1890-1980).
Robert Pénavayre
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infos |
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Renseignements et réservations : www.theatre-du-capitole.fr
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