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Opéra/ Théâtre du Capitole / André Chénier - U. Giordano - 23/01/2009
     

CRITIQUE

Une enthousiasmante reprise

Renouant avec les planches capitolines après trente années d’absence, le chef d’œuvre d’Umberto Giordano a reçu un accueil plus que chaleureux du public toulousain.

Créée à Nancy en mars 2008, cette production d’Andrea Chenier, signée Jean-Louis Martinoty pour la mise en scène, Bernard Arnould pour les décors et Daniel Ogier pour les costumes, plonge presque directement dans l’époque révolutionnaire française. Presque car les spectateurs assistent, à rideau ouvert et avant le début du spectacle, au ballet de domestiques en livrée noire, lisant une presse que l’on devine moderne et téléphone portable à l’oreille. Ce clin d’œil  à la pérennité de la fracture sociale et des luttes qu’elle engendre n’ira pas plus loin que les premières mesures de la partition. La suite aura pour cadre de magnifiques tableaux en cours de finition ou achevés, signés David (le Serment du Jeu de Paume), Goya et Jean-Baptiste Regnault. Une complexe, subtile et astucieuse architecture de panneaux mobiles délimitera les espaces du drame. C’est dans les mouvements d’ensemble que s’exprime ici le mieux le talent de Jean-Louis Martinoty. Le troisième acte est à ce titre un vrai modèle de fluidité, de couleurs, de mouvements et de vibration.


Robert Dean Smith, Andrea Chenier dans la scène du tribunal (Photo Patrice Nin)


Une distribution à toute épreuve


Distribuer Andrea Chenier n’est pas une sinécure. Le rôle-titre en particulier réclame des moyens importants en termes de vaillance, d’endurance, d’ambitus et de facilité dans la projection d’un aigu spinto. Tout cela le ténor Robert Dean Smith le possède avec, en plus, le contrôle du souffle qui lui permet un cantabile des plus rares dans cet emploi. Irene Cerboncini, spécialiste verdienne au demeurant, chante une Maddalena vibrante de désir et d’amour. Son soprano de grand lyrique se plie avec souplesse à toutes les exigences du rôle.
Sergey Murzaev (Gérard) en aura impressionné plus d’un avec son baryton puissant, formidablement timbré, à l’aigu déconcertant de facilité.
Andrea Chenier, c’est aussi une pléiade de seconds rôles, ici parfaitement distribués et parmi lesquels il convient de souligner la toujours impeccable Stefania Toczyska (La Comtesse), Emiliano Gonzalez Toro, épatant dans le double rôle de L’abbé et de l’Espion, André Heyboer, un luxueux Roucher et Maria José Montiel, une émouvante Madelon.
Saluons aussi, autant pour sa prestation vocale que scénique, notre phalange chorale sous la direction de Patrick Marie Aubert.
L’Orchestre National du Capitole, dirigé par Pinchas Steinberg, accompagne cette reprise de haute tenue avec une précision sans faille.

Robert Pénavayre

 

 

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Renseignements et réservations :

www.theatre-du-capitole.org


Représentations :


25, 27 et 30 janvier, 1er et 3 février 2009.


 
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