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Livres/ Alain Fondary, la voix du souffleur – Patrick Alliotte
     
COUP DE CŒUR
 

Un tal baccano in chiesa !

Ces premiers mots du terrible Baron Scarpia (un tel vacarme à l’église !) scandent son entrée (l’une des plus spectaculaires de toute l’histoire lyrique) au 1er acte de La Tosca puccinienne. Pour ceux qui ont le privilège de connaître l’homme Fondary, plus communément appelé « Nounours », les années-lumière qui séparent le tempérament du sanglant policier italien et ce paradigme de gentillesse qu’est la véritable nature d’Alain Fondary en disent long sur le talent dramatique de ce chanteur d’opéra.


AA

Souffleur de verre dans l’entreprise familiale et accessoirement champion de judo, Alain Fondary va sur sa septième année lorsque le monde bascule dans l’horreur d’un second conflit mondial aux conséquences effroyables. Les années qui suivront le marqueront à jamais. La paix revenue et le temps passant, l’art lyrique va commencer à sérieusement l’interpeller. De conseils divers en professeurs talentueux, Alain Fondary se lance dans l’arène lyrique. Il a 36 ans. Déjà résonnent en lui les monstrueuses harmoniques sombres et dévastatrices des grands barytons français de l’Histoire, Victor Maurel bien sûr, créateur de Falstaff et Iago, mais aussi et plus près de nous Jean Borthayre et René Bianco.

Il faut cependant attendre un coup du sort pour que sa carrière prenne un tour international. En 1984, il remplace au pied levé le grand baryton italien Piero Cappuccilli dans Amonasro au Palais Omnisport de Bercy qui, à cette époque, donnait chaque année de magnifiques représentations d’opéras. Le soir même, sa loge est assaillie littéralement d’agents artistiques, de directeurs de théâtre et de fans. Le lendemain, c’est un nouvel Alain Fondary qui se réveille car, dans la nuit, il est devenu sans le savoir une star de la planète lyrique. La suite, tout le monde la connaît, elle s’est écrite sur les murs du Met de New York, du Colon de Buenos Aires, du Festival de Salzbourg, de l’Opéra de Paris, du Covent Garden de Londres, de l’Opéra de Munich, de la Scala de Milan, etc. De tout cela, le présent livre en fait une très riche chronique.
Mais l’intérêt de ce livre est aussi, et presque surtout, de nous faire connaître un Alain Fondary plus intime, plus secret, avec ses failles et ses doutes, un homme qui sait devoir une grande partie de sa carrière à sa « Biquette » adorée, Michèle, sa femme depuis un demi-siècle cette année (situation rarissime dans ce métier), une épouse exemplaire entièrement dévouée jusqu’au sacrifice à son baryton de mari. Cette biographie nous révèle aussi les cercles et les personnalités, professionnels du chant ou pas,  qui ont en quelque sorte façonné cet homme d’exception.
C’est finalement un portrait passionnant et fascinant qui se dessine au fur et à mesure des pages, celui d’un homme simple, d’une gentillesse aussi constante que proverbiale, d’une intelligence hors du commun. Un homme qui rend grâce à la vie pour ce qu’elle lui a donné et qui continue de l’émerveiller chaque jour davantage. Un homme qui aurait peut-être découvert le secret du bonheur.

Robert Pénavayre

 

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« Alain Fondary, la voix du souffleur », par
Patrick Alliotte – Editions Symétrie – 163 pages – 19 €

 

 

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