CRITIQUE
Bach passion
Quel magnifique concert d'ouverture que celui du festival Toulouse les Orgues avec le concours de l'orchestre baroque « Les Passions », dirigé par Jean-Marc Andrieu, du chœur « Jacques Moderne », préparé par Joël Suhubiette et de cinq excellents solistes vocaux.
Consacré à trois des cantates de jeunesse composées par Johann Sebastian Bach en 1708-1709, alors qu'il résidait à Mühlhausen, cette soirée se déroulait dans la belle église musée des Augustins, sous la majestueuse présence du splendide orgue Ahrend, joué ce soir-là avec une belle vitalité par Willem Jansen.
Après le vaste portique solennel du « Praeludium et Fuga » BWV 544, les interventions de l'orgue, très intelligemment programmées, précèdent chaque cantate de quelques pièces paraphrasant le thème illustré par la cantate. La BWV 196, « Der Herr denket an uns », telle une montée graduelle vers la lumière du chœur final, reçoit la ferveur tranquille et confiante des interprètes.
Soutenue par le hautbois décidemment somptueux de Clémentine Humeau, la cantate « Aus der Tiefe rufe ich » s'édifie sur une polyphonie d'une étonnante richesse.
Mais le sommet d'émotion de la soirée émerge de la cantate BWV 4. Le bouleversant duo « Den Tod niemand zwingen kunnt » que la soprano Anne Magouët et l'alto Jean-Louis Comoretto transfigurent par leur art du chant et leur sensibilité, tire les larmes. Un grand moment que soutient avec ardeur le continuo du violoncelliste Etienne Mangot et de l'organiste Yasuko Bouvard.
Un grand bravo aux autres solistes vocaux, les ténors Sébastien Obrecht et Vincent Lièvre-Picard, à la basse Stephan Imboden, ainsi qu'à l'ensemble instrumental « Les Passions » et au chœur « Jacques Moderne » tous dirigés avec rigueur et… passion par Jean-Marc Andrieu.