www.classicToulouse.com
ARCHIVES
 
 

 

Entretien avec Kateryna Shalkina et Yoël Carreño – Ballet du Capitole
Le Corsaire – 17/05/2013
     
     

Quand le malheur des uns donne lieu à de divines surprises !!

La Danse est une discipline exigeante, dure avec les corps et parfois les esprits. Elle est vecteur de grandes émotions et de grandes joies, mais peut également se révéler cruelle quand lors d’un cours ou d’une répétition, elle inflige des blessures qui coupent momentanément l’élan des danseurs. C’est malheureusement ce qu’ont dû endurer dans leur chair deux des danseurs du Ballet du Capitole, Tatyana Ten et Kasbeck Akhmedyarov en pleine répétition de « Le Corsaire », la dernière création de Kader Belarbi, le Directeur de la Danse du Théâtre du Capitole. Mais comme nous le savons tous, le spectacle doit continuer, et le chorégraphe a donc dû se mettre en quête de deux solistes pouvant répondre au défi d’apprendre une chorégraphie totalement nouvelle, et ce à quelques jours de la première. La bienveillante déesse de la Danse a permis que le miracle se produise et de Lausanne et d’Oslo sont arrivés les « sauveurs ».

Kateryna Shalkina soliste au Béjart Ballet Lausanne a répondu la première à l’appel, la première blessure touchant Tatyana Ten. Cette très belle danseuse née à Kiev fait ses premiers pas de soliste au Ballet de l’Opéra de la capitale ukrainienne. Désireuse de compléter son expérience et de connaître d’autres techniques, elle intègre, en 2000, Rudra, l’école du Béjart Ballet. En 2003, Maurice Béjart lui propose d’intégrer la Compagnie, et rapidement, elle y interprète les rôles principaux des grands ballets du Maître, et à l’heure actuelle, ceux de Gil Roman. Elle est également soliste invitée de nombreuses compagnies et festivals.
Yoël Carreño, quant à lui, a été appelé à Toulouse, six jours avant sa prestation. Né à la Havane dans une très grande famille de danseurs classiques cubains, il fait ses classes à l’Ecole Nationale de Ballet de La Havane, puis entre au mythique Ballet National de Cuba où il danse tout le répertoire, avant d’intégrer à l’automne 2010, le Ballet National de Norvège comme premier soliste.
Nous avons rencontré ces deux danseurs pour évoquer avec eux le challenge que représente cette intégration à une œuvre pratiquement en place. Ils ont accepté de très bonne grâce de se prêter au jeu des questions réponses et ce au sortir d’une répétition matinale après le spectacle de la veille.


Kateryna Shalkina
 

Yoël Carreño

Classic Toulouse : Merci infiniment à tous les deux de nous recevoir dans ces circonstances. Comment avez-vous vécu ce défi que vous a lancé Kader Belarbi ?

Kateryna Shalkina : J’ai été intéressée tout de suite, car la création d’un ballet est toujours une belle aventure. Le hasard, le bon (!) a voulu que, à cette période, je n’avais pas de spectacle à Lausanne ou en tournée. Et donc Gil Roman m’a permis de venir à Toulouse, où j’ai pu travailler avec le ballet pendant une douzaine de jours. Et j’ai eu envie de relever ce défi !
Yoël Carreño : J’ai été pressenti une petite semaine avant la première, et je devais donner ma réponse très rapidement bien sûr. La directrice du Ballet de Norvège était absente d’Oslo à ce moment-là, et j’ai dû lui demander son autorisation par téléphone, sans lui laisser vraiment le temps de réfléchir ! L’idée de cette expérience était très excitante.

 : Connaissiez-vous Toulouse et son Ballet avant aujourd’hui ?

K.S. : Je connaissais la ville pour m’être produite à deux reprises avec le Béjart Ballet à Odyssud à Blagnac, mais je ne connaissais pas le Ballet. J’avais rencontré Davit Galstyan à l’occasion de galas où nous dansions tous les deux. Et donc bien sûr j’avais entendu parler de ce qui se faisait au Capitole.
Y.C. : Je suis dans la même situation. J’ai dansé à Paris avec le Ballet National de Cuba, mais je n’étais jamais venu à Toulouse. Et moi aussi j’ai rencontré Davit à l’occasion d’un gala.

 : Et après ces jours passés en compagnie des danseurs et après le spectacle d’hier soir, que pensez-vous de la Compagnie ?

Y.C. : Leur niveau est très bon, et ce qui est formidable et très intéressant pour le travail, c’est cette pluralité de nationalité au sein de la troupe. Chacun y apporte sa culture, ses connaissances, c’est une vraie richesse…
K.S. : J’ai beaucoup apprécié le travail, les cours, l’ambiance dans la troupe.

 : Connaissiez-vous déjà « Le Corsaire », et l’avez-vous dansé ? Je ne parle pas bien sûr du pas de deux du dernier acte, qui est un « must » dans le monde la danse.

K.S
. : J’en ai dansé bien sûr une version à l’Opéra de Kiev, où il était au répertoire. Et bien sûr le pas de deux à l’occasion de galas. Mais celui-ci est différent.
Y.C. : J’ai vu la version de l’American Ballet Theatre, et j’ai interprété le pas de deux, mais effectivement, celui-ci est un peu différent et il a fallu également l’apprendre comme toute la chorégraphie du ballet. Mais je n’avais jamais dansé le ballet dans son intégralité.


Le Corsaire - Kateryna Shalkina et Yoël Carreño - © DR Ballet du Capitole -

 : Aviez-vous déjà dansé ensemble avant aujourd’hui ?

K.S. : Non, jamais ! Cela aussi faisait partie du défi !
Y.C. : Nous savions qui nous étions, mais effectivement nous n’avions jamais dansé ensemble. La découverte a été totale : la partenaire, la chorégraphie, l’environnement…

 : Votre « première » a eu lieu hier soir, quel est votre ressenti ?

K.S. : Nous avons apprécié tout deux le public, connaisseur et enthousiaste. Et passé le tract de début de spectacle, j’ai pris un énorme plaisir à danser ce Corsaire.
Y.C. : Je crois que le défi a été relevé ! Il reste bien sûr encore quelques corrections à apporter, car l’interprétation d’un ballet demande toujours et toujours des réajustements. Je suis heureux d’avoir pu être l’interprète de cette nouvelle chorégraphie. Et j’espère pouvoir revenir à Toulouse !

 : Peut-être à l’occasion d’une reprise de ce Corsaire ? Avez-vous des projets dans l’immédiat ?

K.S. : Je rentre à Lausanne pour reprendre répétitions et cours.
Y.C. : Quant à moi, je pars demain très tôt, pour rejoindre ensuite Prague où je danse dans un gala avec Tamara Rojo. Ensuite, c’est Le Lac des Cygnes qui m’attend à Oslo.

 : Merci infiniment pour ce temps que vous nous avez consacré, et rendez-vous ce soir pour votre deuxième représentation qui, nous le savons, sera de nouveau exceptionnelle.

                             Propos recueillis par Annie Rodriguez le 17 mai 2013

 

infos
 
www.theatreducapitole.fr

Représentations du spectacle :
"Le Corsaire"

16, 17 et 18 mai à 20 h, et 18 et 19 mai à 15 h.
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index