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Entretien avec Geneviève Laurenceau - Orchestre du Capitole (26/07/2007)
     

Geneviève Laurenceau, nouveau premier violon supersoliste de l'Orchestre du Capitole

     

Geneviève Laurenceau, le violon sourire

Née à Strasbourg, terre de musique, Geneviève Laurenceau vient d’être engagée dans la fonction de premier violon solo de l’Orchestre du Capitole. Une recrue de choix si l’on se réfère à sa participation, à ce poste, à plusieurs concerts de la formation toulousaine. La jeune artiste a également déjà joué, comme soliste et en formation de chambre avec ses futurs collègues de l’orchestre, notamment au cours de deux concerts offerts à ses adhérents par AIDA (l’association des entreprises et industriels amis de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse). Alors qu’elle se produit aussi bien en soliste avec de nombreux orchestre français et internationaux, qu’en musique de chambre, Geneviève Laurenceau a donc posé sa candidature au poste de premier violon solo de notre orchestre et a emporté l’adhésion des autorités musicales et de tutelle. A la suite d’une répétition pour un concert que donne la phalange toulousaine à Amsterdam le 3 juillet sous la direction de son premier chef invité Tugan Sokhiev, Geneviève Laurenceau s’est très volontiers prêtée au jeu des questions et des réponses, un chaleureux sourire aux lèvres.

Classic Toulouse  : Pouvez-vous nous indiquer de quelle manière s’est déroulé votre recrutement au sein de l’Orchestre du Capitole et le rôle qu’a joué Tugan Sokhiev ?

Geneviève Laurenceau : Il y a eu un concours qui s’est déroulé en plusieurs étapes. Tout d’abord une étape sur dossier, ensuite une audition qui s’est passée à la Halle-aux-Grains entre les six candidats retenus. Le programme était semi-libre avec concertos et solos d’orchestre (Shéhérazade, Heldenleben…, les "gros morceaux" !) Et puis, pour la dernière épreuve, (j’étais seule donc je n’avais plus autant de pression, mais ce n’était pas pour autant gagné d’avance), il y a eu les deux séries de concerts avec l’orchestre dirigé par Tugan Sokhiev : l’une avec un programme Rachmaninov et la création de Karol Beffa « Paradis Artificiels », l’autre avec notamment la 4ème symphonie de Brahms.
Quant au rôle qu’a joué Tugan Sokhiev, je ne suis pas censée être au courant, étant de l’autre côté de la barrière, il faisait partie du jury qu’il présidait, et donc probablement avec voix prédominante.

 
: Quelle est donc maintenant votre fonction exacte au sein de l’orchestre ? Implique-t-elle un travail de chef de pupitre des cordes ?

G. L. : C’est exactement « premier violon solo supersoliste », fonction que je partage avec Malcolm Stewart. Pour l’instant, j’ai eu l’occasion de faire travailler le pupitre des premiers violons au cours d’une session d’une heure.
Pour moi, c’est très important de travailler de cette manière avec mon pupitre, mais peut-être aussi avec l’ensemble des cordes afin d’obtenir une vraie cohésion. Je suis un élément nouveau au sein de l’orchestre donc je peux apporter du neuf. Pour cela il faudra du temps et du travail.

Mais ma fonction est également de recueillir l'énergie et les intentions musicales émanant du chef d'orchestre, et d'emmener mon pupitre dans cette direction ; un trait d'union entre le chef et les violons, en quelque sorte.

: Votre éducation musicale, débutée à Strasbourg dont vous être originaire, vous a amenée à voyager. Quelles sont les personnalités artistiques qui vous ont le plus profondément influencée au cours de vos études ?

G. L. :
Trois grands maîtres ont eu une grande importance pour moi, de manière très différente les uns des autres. Chacun m'apportant son système, son expérience propre, sa vision du son, sa conception de la musique. Il y a d’abord eu Wolfgang Marschner, grand violoniste et pédagogue, à Freiburg où je suis arrivée lorsque j’avais douze ans. Il nous poussait à pratiquer d’autres instruments (j’ai ainsi abordé l’alto), à jouer de la musique de chambre. Ce fut là l’école de l’expérience, avec une pratique intensive du concert.
Ensuite, j’ai eu besoin d’être très cadrée, très suivie. Ce fut le cas avec Zakhar Bron, à la Hochschule de Lübeck. Une grande figure du violon. Nous étions tous morts de trouille devant lui ! J’ai encore en moi l’odeur du couloir qui menait à la salle de cours. C’était l’école du travail : le violon, le violon, le violon ! C’est lui qui m’a donné toutes les bases de technique et de son. Avec lui je suis allée à Cologne. En même temps, j’ai suivi l’enseignement de Jean-Jacques Kantorow qui a été pour moi déterminant. Ouverture, épanouissement. Avec lui, j’ai retrouvé le plaisir de l’écoute et du jeu. C’est un musicien et un être merveilleux. Ces trois maîtres ont été disponibles pour moi au bon moment.


 : Quelle a été pour vous l’importance des concours internationaux que vous avez passés ?

G. L. :
Je n'ai jamais pris vraiment plaisir à passer des concours, même si certains disent que je suis faite pour ça... Quand j'ai gagné le concours de Novossibirsk, en Sibérie, je me suis dit que j'avais fait mon devoir, ni plus, ni moins! Pourtant, il n’y a rien de tel pour se forger un répertoire dans tous les styles, pour réaliser un dépassement de soi-même et pour atteindre une sorte de perfection à un moment précis. Pour moi, la préparation du concours apporte plus que le résultat.

 : Comment parvenez-vous à concilier vos activités de soliste et celles de musicienne d’orchestre ?

G. L. :
En fait ces deux activités se complètent… complètement ! Plus je m’ouvre à ces différents aspects, plus j’ai l’impression d’avancer dans mon épanouissement musical et personnel. Juste un exemple récent : après le dernier concert avec la 4ème symphonie de Brahms que nous avons beaucoup travaillé avec Tugan Sokhiev, j’ai joué quelques œuvres de musique de chambre de Brahms (quintette avec piano, première sonate avec piano), les recherches que nous avons faites en travaillant la symphonie m’ont permis de trouver une clé pour l’interprétation de sa musique de chambre. J’ai eu l’impression d’avancer, grâce à l’orchestre.
Et c’est également important pour l’orchestre que je m’épanouisse dans d’autres activités. D’ailleurs, c’est une des raisons pour lesquelles j’ai souhaité venir à Toulouse, en dehors du fait que je connaissais l’orchestre et qu’il est vraiment formidable : je souhaitais m’épanouir dans l’activité d’orchestre. J'avais envie de cette responsabilité nouvelle, et je voulais aborder son répertoire fantastique.

 

 : Vous abordez des répertoires très divers, classique, romantique, contemporain. Prenez-vous le même plaisir à jouer des musiques aussi diverses que du Mozart, du Brahms ou du Xenakis ?

G. L. : … ou du Karol Beffa ! Oui, j’ai beaucoup de curiosité vis-à-vis de toutes ces musiques. Je ne pourrais pas imaginer me limiter à un seul domaine du répertoire. D’ailleurs je vais même aborder le tango ! J’aimerais bien introduire du tango dans un prochain concert de musique de chambre. C’est encore une nouvelle approche musicale enrichissante.

 : Comment se déroule votre intégration au sein de l’Orchestre du Capitole et comment s’établissent vos rapports avec Tugan Sokhiev ?

G. L. : Cette intégration se passe extrêmement bien. De mon point de vue, je n’aurais pas pu rêver mieux. L’accueil a été très chaleureux de la part des musiciens. Je me suis senti immédiatement adoptée, comme dans une grande famille. Une chose très importante est que l’orchestre admire beaucoup son chef. C’est vraiment très important pour l’efficacité du travail. J’ai moi-même une grande admiration pour Tugan Sokhiev, pour sa capacité à obtenir des musiciens qu'ils se subliment. Son langage et son instinct musical me parlent de manière évidente... Je pense que nous étions faits pour jouer ensemble!

 : Nous vous souhaitons donc un très bon séjour musical à Toulouse au sein de cet orchestre.

G. L. : Un bon travail dans une bonne ambiance...!

Propos recueillis par Serge Chauzy à Toulouse, le 26 juin 2007

 

 

infos
 
Renseignements, détail complet de la saison de l'Orchestre du Capitole et réservations :

www.onct.mairie-toulouse.fr


Les derniers enregistrements de Geneviève Laurenceau :

* Stabat Mater de Nicolas Bacri et “Lumières par un vitrail noir” d’Alain Labarsouque, avec le chœur Mikrokosmos, direction Loïc Pierre (Jade)

* Quintette de César Franck et Quatuor avec piano op. 30 d’Ernest Chausson, avec l’ensemble Musique Oblique (Alphée, ffff Télérama, choc du Monde de la Musique)

* Intégrale violon-piano de Lucien Durosoir, avec la pianiste Lorène de Ratuld (Alpha)

* 2ème Sonate d’André Gédalge pour violon et piano, avec Lorène de Ratuld (Polymnie)

* 2ème Sonate d’Olivier Greif pour violon et piano, avec Lorène de Ratuld (Saphir, **** Monde de la Musique).

 

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