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Entretien avec Arnaud Bernard - Metteur en scène
Théâtre du Capitole (12/01/2008)
     

« La Dame de Pique, une œuvre qui fait peur »

Ce strasbourgeois d’une petite quarantaine d’années est fort bien connu des toulousains puisqu’il fit sa première apparition dans leur théâtre en 1989.Il était alors régisseur de scène et assistant de Nicolas Joel. Sous la houlette de ce dernier, Arnaud Bernard a rapidement pris du galon et le voici depuis plusieurs années metteur en scène international à part entière. Sa carrière revient croiser aujourd’hui le Capitole pour un évènement majeur de la présente saison, une nouvelle production de La Dame de Pique de Piotr Ilyitch Tchaïkovski.


Arnaud Bernard met en scène La Dame de Pique au Capitole de Toulouse


Rencontre

Classic Toulouse : Cette nouvelle production est aussi pour vous une première approche professionnelle de cet ouvrage

Arnaud Bernard : Oui, absolument. Je le connaissais auparavant bien sûr, mais c’est la première fois que je l’aborde professionnellement. Cela fait deux ans que je travaille dessus. Autant l’avouer, c’est l’un de mes opéras préférés et je tenais vraiment à le mettre en scène un jour ou l’autre.
C’est un ouvrage exceptionnel et très particulier.

: Autant dans la nouvelle de Pouchkine, Hermann est un personnage profondément antipathique, arriviste, autant dans la transcription faite par Modest Tchaïkovski pour l’opéra de son frère, Hermann devient un héros terriblement romantique.

A. B.: Effectivement, on est loin dans l’opéra de la nouvelle de Pouchkine, au demeurant l’un des plus importants écrivains russes. C’est toute la problématique de l’adaptation. Cela dit le livret de Modest est aussi puissant que l’original et c’est en cela que l’on doit respecter l’œuvre de Tchaïkovski. Je sais bien, pour l’avoir constaté, que la tendance aujourd’hui est de « repouchkiniser » l’œuvre de Tchaïkovski au travers de coupures drastiques, voire de modifications de texte, et cela parfois en Russie même. C’est une trahison. Au Capitole de Toulouse, je monte La Dame de Pique originale écrite par les frères Tchaïkovski, un point c’est tout.

: En France, cette Dame de Pique n’est pas très connue

A. B.: Je ne sais pas trop pourquoi, sauf qu’effectivement la distribution est plus délicate à réunir que celle d’Eugène Onéguine, je parle ici plus particulièrement du rôle d’Hermann. C’est une œuvre aussi qui fait intrinsèquement peur de par son sujet et la folie contenue non seulement dans le livret mais aussi dans la musique.

: Au cœur du splendide plateau réuni par Nicolas Joel, se trouve une véritable légende vivante. Elle interprète la Comtesse, il s’agit de la soprano bulgare Raina Kabaiwanska.

A. B.: Comme je travaille plus en Italie qu’en France, je l’ai déjà croisée à plusieurs reprises. Elle me fait l’honneur d’apprécier mes spectacles car elle aime le respect dont j’entoure les  œuvres et les chanteurs. C’est une femme merveilleuse, elle porte tout le théâtre en elle.

: Deux mots, sans trop en dire cependant, sur votre conception de cette Dame de Pique.

A. B.: Tout d’abord l’action se passe à l’époque de Tchaïkovski, sauf la Comtesse qui est restée au 18ème  siècle. La pastorale est traitée comme une hallucination d’Hermann, c’est un dérapage complet de l’amour qu’il porte à Lisa. En fait tout le spectacle est le cauchemar d’Hermann plongé dans une véritable folie obsessionnelle.

: Vos projets immédiats ?

A. B.: Pas mal de reprises de mes productions à Lausanne, Bilbao, Prague, Ancône, Zagreb, Vilnius, Athènes, Moscou, Naples. Au milieu de tout çà, j’ai aussi de nouvelles productions à assumer.

: Travailler en Italie aujourd’hui…

A. B.: C’est difficile car les théâtres ne marchent que par l’argent et l’amour qu’ils ont de l’opéra. Il faut avoir les épaules solides, bien connaître les gens, savoir les approcher car le  syndicat n’est jamais loin. Il faut en permanence faire preuve à la fois de charme, de diplomatie et d’autorité. Si je n’avais pas travaillé auparavant dans ce pays avec Nicolas Joel, jamais je n’aurai pu y faire carrière. A vrai dire, je lui dois énormément non seulement pour la technique de la mise en scène, mais aussi pour la connaissance du milieu.

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 12 janvier 2008

 

infos
 


Représentations:
31 janvier, 3,5,7 et
10 février 2008
Renseignements et réservations : www.theatre-du-capitole.org

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