CRITIQUE
Une passionnante rencontre
L’association Ut Mi Sol vient de nous proposer, pour son premier concert de la saison 2009/2010, de faire connaissance avec Jean-François Borras, un jeune ténor monégasque, pas tout à fait débutant, mais, dans tous les cas, à l’orée d’une carrière qui pourrait bien s’annoncer prometteuse.
Accompagné au piano par Eloise Urbain, Jean-François Borras nous offre un programme des plus classiques : mélodies de Tosti et Leoncavallo, la cavatine de Roméo (Roméo et Juliette de Gounod), l’air d’Oronte (I Lombardi de Verdi), la grande scène du Duc de Mantoue (2nd acte du Rigoletto de Verdi), l’aria de Gérald (1er acte de Lakmé de Delibes), le Recondita armonia (1er acte de Tosca de Puccini) et en bis La danza (Rossini) et La donna e mobile (3éme acte du Rigoletto de Verdi). En somme, un programme à même de mettre en valeur le talent de cet interprète.
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Ce qui frappe avant tout chez ce dernier est certainement une technique irréprochable lui permettant de brosser les portraits vocaux de tous ces personnages avec un maximum d’authenticité. Conjuguant avec habileté un très bon contrôle du souffle et une musicalité de tous les instants, Jean-François Borras expose un phrasé large et généreux qui fait particulièrement de son interprétation d’I Lombardi (à l’évidence son répertoire) un véritable moment d’élection. Qui plus est le timbre est solaire, l’ambitus profond, la demi-teinte aérienne et parfaitement timbrée.
Il sera très intéressant de l’entendre dans une salle d’une autre dimension permettant de profiter des mille harmoniques d’une voix d’ores et déjà captivante et, de toute façon, à suivre impérativement.
Robert Pénavayre |