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Concerts/ Tugan Sokhiev - Eblouissants débuts (15/12/2005)  
     
Tugan Sokhiev à la tête de « son » nouvel orchestre
     

Orchestre du Capitole

 Eblouissants débuts

Ce n'était certes pas le premier concert de l'Orchestre du Capitole dirigé par Tugan Sokhiev. Mais il s'agissait, au cours de cette soirée du 15 décembre dernier, de la toute première collaboration institutionnelle entre la phalange toulousaine et son nouveau chef principal invité et conseiller musical.

Chacun a pu noter avec satisfaction l'intérêt des Toulousains pour cet événement artistique qui a attiré la foule des grands jours sur les gradins bondés de la Halle-aux-Grains. Les spectateurs ont ainsi pu constater à la fois la jeunesse de ce nouveau chef, 28 ans à peine, son charisme tranquille, sa maîtrise impressionnante et surtout les liens qu'il a su tisser avec les musiciens d'un orchestre que visiblement il admire et qui le lui rend bien.

En quelques séances de travail, que l'on imagine profond et sérieux, Tugan Sokhiev a transformé le son global de notre orchestre. Densité et transparence vont de pair grâce à un équilibre parfait entre les pupitres. Et comment ne pas admirer le supplément d'intensité que manifestent maintenant les cordes. Des cordes qui n'ont peut-être jamais sonné avec cette tension et ces beautés soyeuses.

La sobre gestique du chef transmet avec une admirable efficacité les multiples indications qui obtiennent des musiciens les plus subtiles nuances. Ainsi en est-il du célèbre « Apprenti sorcier » de Paul Dukas qui ouvre le concert. Le souffle est là, la finesse de l'orchestration, la couleur aussi, si fondamentale dans une telle ouvre.

Dans la suite de 1919 de « L'Oiseau de feu », de Stravinski, Tugan Sokhiev pare l'orchestration des couleurs les plus riches qui soient, associées à un raffinement de nuances étonnant de diversité. Il n'en obtient pas moins la nécessaire et redoutable précision que chaque musicien assume avec panache. Un grand bravo à Jacques Deleplancque qui délivre un solo de cor d'une beauté plastique absolue.

Avec la quatrième symphonie de Tchaïkovski qui conclut le concert, le niveau d'exécution se situe au plus haut. Quel éclat orchestral ! Les cuivres pointus « à la russe », les bois d'une chaleur et d'une beauté rares, et des cordes d'une force insoupçonnée. Jamais peut-être ces pupitres n'ont brillé avec une telle incandescence. Dans le mouvement initial, le combat est mené de main de maître. La mobilité de l'expression enchante par son intelligence et sa sensibilité. Tout au long de l'oeuvre, Tugan Sokhiev magnifie le propos du compositeur dans un discours d'un dramatisme paradoxalement plein de raffinements. La réussite est totale.

Un bis, extrait du fameux « Casse-noisette », conclut cette première soirée sur un grand succès qui augure bien de la suite d'une collaboration que l'on souhaite longue et fructueuse.

Serge Chauzy

 

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