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Concerts / Concert à l'Orangerie de Rochemontès - Marc Coppey, violoncelle 13/01/2013
     

CRITIQUE

Exigence et imagination

L’invité de l’Orangerie de Rochemontès, ce 13 janvier dernier, parcourt le monde en compagnie de son splendide Matteo Goffriller, un violoncelle vénitien de 1711. La halte de Marc Coppey en pays toulousain, concoctée par Catherine Kauffmann-Saint-Martin, apporte au public déjà conquis par ces manifestations dominicales le sel de la découverte et celui de la permanence. Le programme musical imaginé par Marc Coppey allie en effet les deux attraits.


Marc Coppey à l'Orangerie de Rochemontès - Photo Jean-Jacques Ader -

La permanence, le sens fondamental de la création musicale, Marc Coppey les dévoile avec la première pièce dont les accents résonnent de façon particulière dans cette orangerie hors du temps. La Suite n° 1, en sol majeur pour violoncelle seul, de Johann Sebastian Bach, source de toute littérature pour l’instrument solo, constitue le socle sur lequel se fonde tout le programme qui éclaire cet après-midi pluvieux. L’interprète l’aborde avec sérénité et distance. La chaleureuse sonorité de son instrument fait le reste. Après un Prélude discursif et une Allemande solidement rythmée, la Sarabande déploie sa sublime méditation. L’interprète nous entraîne loin et haut, dans ces sphères mystérieuses qui consolent. Ce sont enfin l’évocation solidement terrienne des deux Menuets et le rebondissement vif et généreux de la Gigue qui ramènent l’auditeur vers les réalités de ce monde.
La Suite pour violoncelle seul, de Gaspar Cassadó, ne figure pas très souvent au programme des concerts. Marc Coppey, après une brève et instructive présentation qui en souligne les particularités, en explore les beautés, la force et la profonde originalité. Il s’agit là, à l’évidence, de l’œuvre d’un violoncelliste qui connaît et exploite mieux que quiconque les possibilités de son instrument. Tout au long des trois mouvements, le compositeur célèbre ici son terroir catalan tout en sollicitant les ressources techniques les plus exigeantes de l’interprète. L’ambitus y atteint ses limites extrêmes, l’emploi fréquent des doubles cordes, les motifs en harmoniques, les pizzicati de la main gauche poussent l’interprète jusqu’aux limites des possibilités humaines ! Des limites que Marc Coppey repousse très loin, tant sa virtuosité fait des merveilles. Après un robuste Preludio-Fantasia à l’écriture parfois acrobatique, la Sardana et son rythme si caractéristique, toujours une peu mystérieux et lancinant, charme et fascine à la fois. L’Intermezzo e Danza Finale explose de vitalité et exalte une joie de vivre communicative.


- Photo Classictoulouse -
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Parfaitement bien écrite pour l’instrument, cette suite semble tomber tout naturellement sous les doigts de son interprète privilégié.
La dernière pièce du triptyque offert, cet après-midi-là, par Marc Coppey nécessite un nouvel accord de l’instrument. En effet, la Sonate pour violoncelle seul du Hongrois Zoltán Kodály est écrite en scordatura. Elle se joue en fait avec les deux cordes graves baissées d’un demi-ton. L’accord spécifique devient alors si, fa dièse, ré, la au lieu de do, sol, ré, la. Les trois volets de cette partition créée en 1918 mettent en œuvre, comme l’indique l’interprète, une autre façon de jouer, imposent au virtuose d'incroyables prouesses techniques. Kodály invente des procédés de jeu qui évoquent les modes d’attaque des instruments traditionnels de sa Hongrie natale.

Ainsi, trilles, trémolos, accords arpégés, cordes doubles (y compris en harmoniques !), pizzicati des deux mains métamorphosent le violoncelle en cymbalum, en cithare, en cornemuse… Marc Coppey réalise ces exigences incroyables avec une impeccable virtuosité. Le caractère de chacun des trois mouvements qui composent cette Suite apparaît avec force. L’Allegro maestoso ma appassionato raconte une histoire qui suscite la passion, le lyrisme, la rêverie mais aussi la grogne et la protestation. Dans l’Adagio central, le rêve se fait cauchemar, menace sourde avec cette évocation surprenante d’un thème inquiétant de la Salomé de Richard Strauss. La danse hallucinante de l’Allegro molto vivace conclut l’œuvre sur une chevauchée fantastique qui sollicite le registre suraigu de l’instrument d’une manière que l’on n’osait pas imaginer possible. Rien n’échappe à l’interprète qui répond aux applaudissements du public en prolongeant la soirée de deux bis de rêve : le fameux Chant des Oiseaux de Pau Casals et la Sarabande de la sixième suite de Bach. La boucle est bouclée.

Serge Chauzy

 

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Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

Concert : 23 €, gratuit pour enfant de –10 ans

Un cocktail est offert par les partenaires à l’issue du concert.

Maison Midi-Pyrénées,
1 rue de Rémusat -Toulouse – tél. : 05 34 44 18 18
Orangerie de Rochemontès – Seilh (Blagnac)
– tél. : 05 61 59 47 47-

Réservations et plan en ligne
www.rochemontes.com

Direction artistique: 
Catherine Kauffmann-Saint-Martin :
- tél. : 05 62 72 23 35

Courriel :

cksm@orange.fr

 
Programme du concert donné le dimanche 13 janvier à 16 h 30 à l'Orangerie de Rochemontès

* J. S. Bach

- Suite n° 1 pour violoncelle seul, en sol majeur, BWV 1007

* G. Cassadó
- Suite pour violoncelle seul

* Z. Kodály

- Sonate pour violoncelle seul, op. 8

 

 

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