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Concerts / Concert à l'Orangerie de Rochemontès - Mūza Rubackyté
13/05/2012
     

CRITIQUE

Le voyage musical

La troisième manifestation du cycle des Concerts à l’Orangerie de Rochemontès recevait la grande pianiste franco-lituanienne Mūza Rubackyté. L’après-midi lumineux de ce dimanche 13 mai était ainsi enrichi d’un récital conçu comme un voyage à travers la richesse d’un répertoire romantique associant Liszt à ses successeurs.

Remontant le temps musical, la « vesprée », comme l’appellerait le tendre Ronsard, débutait sur une découverte pour s’achever avec les folies digitales de l’abbé Liszt. C’est grâce à l’aide du musicologue Marc Laborde que les diverses étapes sont aisément franchies. Sa présentation pas à pas, passionnée autant que bien documentée, ouvre les portes sur les partitions judicieusement enchaînées par la pianiste.

La pianiste franco-lituanienne Mūza Rubackyté - Photo CV -

Le départ de ce périple « De la Baltique à l’Adriatique » se fait sous la bannière de la Lituanie à laquelle Mūza Rubackyté ne cesse de rendre hommage. Trois Préludes et deux Nocturnes de son compatriote Mikalojus Konstantinas Čiurlionis, décédé en 1911 à l’âge de trente-cinq ans, ouvrent le concert. La musique de cet artiste étrange, à la fois peintre et compositeur, ne renie rien de l’héritage de Chopin. Colorée et expressive, elle alterne les « affects ». La rêverie du premier Prélude s’anime peu à peu. L’inquiétude perce ici ou là, jusqu’à l’émergence d’un épisode fantastique des Nocturnes qui n’est pas sans évoquer le grand Janáček.
Cette découverte est suivie d’une incursion dans le monde imaginatif et fébrile d’Alexandre Scriabine. Chez lui également Chopin reste présent. Un Chopin exalté, dont les audaces harmoniques prolongeraient les modulations. La Valse op. 38, tournoyant jusqu’au vertige, conduit aux trois Etudes choisies par Mūza Rubackyté. La pianiste contrôle parfaitement ce déploiement de fulgurances, si caractéristique d’une imagination musicale débordante. Elle souligne sans insistance le désespoir de l’op. 8 n° 9, alors que le calme apparent de la n° 11, aux harmonies suspendues, n’est qu’une sorte de prélude à la tempête de l’Etude n° 12, célébrissime déchaînement d’une éblouissante virtuosité, que s’était approprié le grand Vladimir Horowitz. Appel à la révolte ou illustration exaltée de son sous-titre « Patetico », cette Etude prend à la gorge et ne lâche rien avant le dernier accord. L’énergie déployée par l’interprète nourrit cette musique d’une sève irrésistible.


Mūza Rubackyté à l'Orangerie de Rochemontès - Photo CV -

La deuxième partie de la soirée revient à Franz Liszt dont Mūza Rubackyté a fait son pain quotidien. Les lieder de Schubert, transcrits pour piano seul en 1838 par le jeune pianiste, traduisent son admiration sans borne pour le tendre compositeur, pourtant si éloigné des déchaînements virtuoses digitaux. Liszt habille ces lieder et en exalte l’expression jusqu’au paroxysme. Die junge Nonne (La jeune religieuse) et Gretchen am Spinnrade (Marguerite au rouet) dégagent ainsi une angoisse décuplée. Du bist die Ruh (Tu es le repos) déborde largement de la sérénité originale. Quant au célèbre Ave Maria, sa ferveur est ici poussée à l’extrême. C’est sur la chevauchée fantastique du mythique Erlkönig (Le roi des Aulnes) que se conclut cet épisode dans lequel l’interprète s’attache à allier le pouvoir expressif de Schubert et la virtuosité lisztienne.
C’est sur le Liszt pur jus des Années de Pèlerinage que s’achève la soirée. Les trois pièces supplémentaires, Venezia e Napoli, de la deuxième année constituent un petit cycle en elles-mêmes. De la mélopée de Gondoliera à la folie de la Tarantella, en passant par la Canzone inspirée de l’Otello de Rossini, c’est un portrait coloré de l’Italie que brosse le compositeur. La pianiste en exalte le délire digital jusqu’à la conclusion qui déclenche une ovation du public. Mūza Rubackyté ne peut donc quitter les lieux sans offrir en bis une autre transcription, par ce même Liszt, de l’élégante Valse de Schubert, évocation viennoise de la fête.

Serge Chauzy

 

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Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

Concert : 20 €, tarif préférentiel : groupe de 10 personnes et enfants de – 12 ans

Maison Midi-Pyrénées,
1 rue de Rémusat -Toulouse – tél. : 05 34 44 18 18
Orangerie de Rochemontès–Seilh (Blagnac) – 05 61 59 47 47

Après le concert un apéritif à partager avec les musiciens et l’équipe est offert par les partenaires : Château Guilhem, Debailleul, la ferme aux Téoulets.


Réservations et plan en ligne
www.orangerie-de-rochemontes.com

Direction artistique: 
Catherine Kauffmann-Saint-Martin :
05 62 72 23 35

Courriel :
cksm@orange.fr

 
A découvir, l'enregistrement live des deux concertos pour piano et orchestre et la Fantaisie sur "Les Ruines d'Athènes" de Beethoven, de Franz Liszt, par Mūza Rubackyté.
 
Programme du concert donné le 13 mai à 16 h 30 à l'Orangerie de Rochemontès :

* M. K. Čiurlionis

- 3 Préludes
- 2 Nocturnes

* A. Scriabine
- Valse op. 38
- 3 Etudes op. 8 n° 9, 11 et 12

* F. Schubert/F. Liszt
- Die junge Nonne
- Gretchen am Spinnrade
- Du bist die Ruh
- Ave Maria
- Erlkönig


* F. Liszt

- Venezia e Napoli : Gondoliera, Venezia e Tarentella (2ème année de Pèlerinage)
 

 

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