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Concerts/ Les Passions / Andrieu - Candenot (30/01/2007)
     



L'excellent baryton basse Jean-Manuel Candenot


CRITIQUE

Résurrections musicales

De l’amour à l’ivresse, voici la trajectoire que proposait l’ensemble baroque « Les Passions » lors de son concert du 30 janvier dernier, en la chapelle Sainte-Anne. Retrouvées dans les fonds musicaux anciens de la bibliothèque municipale de Toulouse, une douzaine de cantates inconnues ont été collationnées par le musicologue toulousain Jean-Christophe Maillard, à la demande du Ministère de la Culture. Certaines étaient signées d’autres restent à ce jour attribuées à la grande famille des compositeurs anonymes.

Jean-Marc Andrieu, le directeur musical de l’ensemble Les Passions, a eu la bonne idée d’en extraire trois, parmi les anonymes les plus originales, afin d’en offrir la primeur au public de la ville rose. Résurrection émouvante de partitions oubliées qui ne manquent ni de qualités, ni d’originalité.

Ces cantates françaises typiques adoptent la forme de mini opéras, alternant récitatifs et arias pour voix soliste. L’Amour Endormy, qui ouvre le concert, illustre le sujet galant très à la mode en ce 18ème siècle dont Mozart fit l’une de ses rares mélodies françaises « Dans un bois solitaire et sombre ». Les rythmes de danse y dominent, alors que le continuo (viole de gambe et clavecin qui accompagnent le chant), est renforcé par la « sinfonia » des violons.

« Ariane consolée par Bacchus » se contente du continuo, le chant constituant l’essentiel de l’œuvre. Par contre, la viole de gambe sort de son rôle de simple accompagnement pour orner joliment la mélodie. Etienne Mangot s’y montre virtuose autant que musicien. Enfin la « Cantate de Bacchus » joue sur le comique irrésistible de l’ivresse avec l’effectif instrumental complet.

Le baryton-basse Jean-Manuel Candenot assume avec panache la partie vocale. Voix sombre splendidement timbrée, sens absolu de la déclamation pour laquelle il se réfère à la prononciation d’époque telle qu’elle est pratiquée notamment par l’acteur Benjamin Lazar, déjà présent en ce même lieu. Un vrai régal.

Alternant avec ces partitions inédites, François Couperin déploie ses charmes sous les doigts experts de Yasuko Bouvard. Dans « Le Rossignol en Amour », le clavecin dialogue avec la flûte à bec de Jean-Marc Andrieu, imitant l’oiseau de nuit enamouré. « Les Folies Françoises », suite de variations portraits pleines d’esprit, sont suivie d’une émouvante pièce nostalgique « L’âme en peine » à laquelle l’interprète confère un admirable poids affectif.

Serge Chauzy

 

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