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Concerts/ Les Passions / La Passion selon Saint-Matthieu, J. S. Bach
27 mars 2011
     

CRITIQUE

L’événement Passion

En cette fin d’après-midi du dimanche 27 mars, le public, nombreux et enthousiaste, était amené à partager les gradins de la Halle aux Grains avec un effectif choral impressionnant. Imaginez donc plus de cinq-cents voix rassemblées pour communier, dans une même ferveur, avec Johann Sebastian Bach. Il s’agissait, pour l’association "Evénements vocaux Alix Bourbon", de renouer avec la présentation à Toulouse de la plus élaborée des "Passions" du génial cantor de Leipzig, la sublime Saint-Matthieu, absente depuis si longtemps des programmes de concert.


Le directeur musical de l'orchestre Les Passions, Jean-Marc Andrieu, à la tête
des phalanges chorales et instrumentales réunies pour cette mémorable
Passions selon Saint-Matthieu
de J. S. Bach (Photo Alain Huc de Vaubert)

Les Passions de Bach constituent un monde musical et humain unique dans toute l’histoire de la musique sacrée. Sur les cinq passions que le compositeur aurait conçues au cours de sa longue carrière, deux seulement nous sont parvenues : la Johannes-Passion et la Matthäus-Passion. Ecrite pour deux chœurs et deux orchestres, cette dernière est la plus vaste sur tous les plans, celui de la durée comme celui des effectifs. Le défi des organisateurs du concert du 27 mars n’était pas anodin. Réunir un effectif aussi pléthorique pour une œuvre somme toute de recueillement risquait de déséquilibrer le subtil assemblage des voix chorales, des voix solistes et de l’ensemble instrumental. Il n’en est rien grâce à la science musicale du maître d’œuvre de cette entreprise un peu folle, Jean-Marc Andrieu, à qui « Evénements vocaux Alix Bourbon » l’a confiée. Dirigeant l’ensemble instrumental formé de son orchestre « Les Passions » élargi au double effectif requis, ce musicien accompli réalise l’équilibre le plus parfait entre voix et instruments. Il utilise ainsi trois formations vocales imbriquées. Le chœur permanent qui chante l’intégralité de la partition comporte les quatre-vingt chanteurs des ensembles « A Contretemps » (direction Guy Zanesi), le « Choeur Archipels » (direction Joël Suhubiette), le « Groupe Vocal Arpège » (direction Jacques Charpentier) et la « Maîtrise du Conservatoire de Toulouse » (direction Marc Opstad). Il est rejoint, lors de moments stratégiques de l’action, par l’ensemble des cent voix de chanteurs recrutés parmi les principaux chœurs toulousains. Enfin, un effectif de cinq-cents voix supplémentaires provenant de seize chorales amateurs, vient renforcer de son ardeur les ensembles vocaux pour les chorals qui ponctuent la progression de l’œuvre. L’effet est saisissant sans pour autant produire la moindre impression de lourdeur. Tout cela reste transparent, lisible et profondément musical. La réactivité des phalanges vocales, l’animation et la précision dont elles font preuve collent à l'action sacrée et maintiennent un intérêt constant.


Une partie des solistes. De gauche à droite : la soprano Isabelle Poulenard, la basse Arnaud Richard, le ténor Vincent Lièvre-Picard, l'Evangéliste, la mezzo-soprano Guillemette Laurens (Photo Alain Huc de Vaubert)

C’est Alix Bourbon, chef de chœur pionnière et emblématique de la région, à laquelle tous les participants doivent l’essentiel de leur motivation, qui ouvre la soirée sur une allocution émouvante. Puis la musique s’insinue dans les corps et les esprits pour un long voyage humain, dramatique et intense, celui de la Passion du Christ. Cette tragédie sacrée, profonde et humaine, confronte les événements bouleversants qu’elle relate avec les commentaires compassionnels, ardents qu’ils suscitent.
Si le rôle des chœurs reste primordial, celui des solistes vocaux ne l’est pas moins. Les arias, reflets des réactions humaines devant le drame qui se joue, sont ici chantés par une belle distribution réunie autour de Jean-Marc Andrieu : la soprano cristalline Isabelle Poulenard, l’émouvante mezzo-soprano Guillemette Laurens, la voix solide et puissante de la basse Arnaud Richard, qui incarne également le rôle de Pilate. En outre, Antonio Guirao Valverde chante avec vigueur les personnages de Pierre et de Judas. Le baryton Jean-François Rouchon confère aux paroles du Christ profondeur et émotion, alors que le ténor Vincent Lièvre-Picard est chargé du rôle stratégique de l’Evangéliste. Il en assume l’autorité, mais aussi et surtout la sensibilité. L’intense progression du drame lui doit beaucoup.
Enfin, l’orchestre Les Passions, dirigé avec rigueur et souplesse par Jean-Marc Andrieu, réalise un commentaire instrumental de toute beauté. Les deux solos de violon brillamment assumés par Irina Bougès et Pierre Bleuse, les formidable solos de viole de gambe de Sylvie Moquet, les participations décisives des vents (flûtes, hautbois, oboe da caccia) confèrent un relief étonnant à cette extraordinaire partition, d’une richesse sans égal.
Lorsque s’élève le chœur final qui évoque, à travers les larmes, le repos éternel, bien des gorges se serrent, de nombreux regards se voilent. L’émotion à l’état pur !

Serge Chauzy

 

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Renseignements et réservations :

tél : 05 63 22 19 78

E-mail : production@les-passions.fr

www.les-passions.fr/

 

Programme des concerts des 27 mars et 3 avril, à 17 h, à la Halle aux Grains de Toulouse et du 2 avril, à 20 h, au Palais des Sports de Bordeaux

* J. S. Bach

- Passion selon
Saint-Mattieu

 

 

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