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Concerts/
Les Passions / Capella de Ministrers - Almodi Cor de Cambra
dir. Carles Magraner - 06/12/2009 |
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CRITIQUE
Célestes splendeurs
Certaines musiques possèdent ce pouvoir magique d’élever l’esprit, de nous restituer un peu de notre spiritualité originelle. La Renaissance, à travers ses compositeurs les plus inspirés, a opéré dans ce domaine une radicale évolution de l’expression, et notamment de l’expression sacrée. C’est à ce type d’expérience que nous conviaient, le 6 décembre dernier en l’église Saint-Aubin de Toulouse, deux ensembles espagnols, la Capella de Ministrers et l’Almodi Cor de Cambra, tous placés sous la direction de Carles Magraner. Ces musiciens, basés à Valence, invités de l’orchestre Les Passions dans le cadre de sa saison toulousaine, interprétaient une œuvre d’une prodigieuse beauté. |

L'ensemble espagnol "Capella de Ministrers", dirigé par Carles Magraner, lors de son concert toulousain
(Photo Alain Huc de Vaubert)
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Composée par Tomás Luis de Victoria pour la célébration, en 1605, des obsèques de l’impératrice Marie, sœur de Philippe II, sa messe de Requiem constitue un joyau parmi toutes les messes polyphoniques de son temps. La partition laisse aux interprètes une certaine latitude d’exécution dont les musiciens espagnols savent tirer profit. Carlos Magraner a choisi de mêler aux voix du chœur un petit ensemble instrumental associant une viole de gambe, une flûte à bec, un basson baroque, deux sacqueboutes, un cornet à bouquin, les percussions et bien sûr l'orgue.
C’est précisément ce groupe d’instruments qui ouvre la célébration de cette messe de Requiem sur une procession ponctuée par une percussion funèbre. Comme cela a été établi par la tradition, l’illustration musicale « stricto sensu » de la liturgie peut s’enrichir d’une matière polyphonique empruntée à d’autres partitions. Ainsi, Carles Magraner, le maître d’œuvre de cette réalisation, intègre à la partition d’origine quelques interventions stratégiques qui soulignent avec un étonnant pouvoir expressif le texte sacré de cet éblouissant Requiem. Le très émouvant solo de cornet à bouquin qui précède le « Motectum – Versa est in luctum » procède de cette démarche sensible.
Les voix sont également traitées avec beaucoup de raffinement. Les soli alternent judicieusement avec le petit chœur de la Capella de Ministrers à six qui s’adjoint, lorsque le texte le réclame, le grand chœur à douze de l’Almodi Cor de Cambra. De saisissants effets dramatiques découlent de ce choix. Formidables crescendos, notamment pour illustrer le « Pleni sunt coeli et terra » (Les cieux et la terre sont remplis de ta gloire) du Benedictus ou encore le bouleversant « Quia piu est » (Parce que tu es bon). Un grand moment donne le frisson. Celui du sinistre roulement de tambour qui annonce le fameux « Dies illa, dies irae… » (Jour de colère, jour de malheurs). La grande beauté de cette célébration doit beaucoup à la pureté des voix solistes et à la chaleureuse homogénéité du chœur. L’intégration des instruments et la qualité irréprochable des musiciens confèrent à l’ensemble une rutilante palette de couleurs. Une large respiration, comme le flux et le reflux d’un océan de ferveur, fait vraiment planer très haut… Céleste et hypnotique !
Cette atmosphère hors du temps se retrouve dans l'enregistrement de ce même Requiem de Victoria, effectué par ces interprètes pendant le concert qu'ils ont donné à Valence le 29 novembre 2005. A méditer.
Serge Chauzy
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Renseignements et réservations :
tél : 05 63 22 19 78
E-mail : production@les-passions.fr
www.les-passions.fr/ |
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Programme du concert donné en l'église Saint-Aubin, le 6 décembre 2009 à 16 h :
* T. L. de Victoria
- Requiem
Enregistrement de ce Requiem, effectué en direct pendant le concert donné le 29 novembre 2005 à Valence par les mêmes interprètes
Réf. CDM 0615
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Les saisons musicales
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