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Concerts/ Orchestre de chambre (25/09/2006)
     

Gilles Colliard, violon solo et directeur musical de l'OCT.
     

Orchestre de chambre

 Haut les cors

Pour son premier concert de la saison, l'Orchestre de Chambre de Toulouse innovait sur plusieurs plans. Ce 25 septembre dernier, l'auditorium Louis Auriacombe (autrement dit Saint-Pierre des Cuisines) accueillait ainsi deux solistes qui pratiquent le cor dans tous ses états.

En outre, pour la toute première fois, les musiciens de l'ensemble utilisent des instruments à cordes dits « baroques », ou plus exactement des instruments montés et pratiqués « à l'ancienne », pour l'exécution des œuvres du répertoire baroque. Comme l'indique Gilles Colliard, violon solo et directeur de l'orchestre, il s'agit là d'une mise en accord du répertoire et de son instrumentarium original. Une question de style en quelque sorte. Un grand pas vient d'être franchi avec succès. En effet, les musiciens se plient, avec intérêt et compétence, à cette discipline qui consiste tout simplement à jouer différemment des œuvres d'époques différentes.

La « Sinfonia pastorale », de Leoplod Mozart (le père de Wolfgang), ouvre le concert sur une surprise de taille. L'instrument soliste mesure plus de trois mètres de long et sa forme le destine davantage aux pentes des montagnes suisses qu'aux salles de concert, puisqu'il s'agit du cor des Alpes. Emmanuel Padieu pratique avec talent et courage cet instrument capricieux qui évoque les grands espaces.

Pierre Turpin qui, comme lui, joue alors du cor naturel (sans piston), rejoint l'ensemble pour une exécution impeccable de la suite en fa pour deux cors de Telemann, tout imprégnée de parfums de sous-bois.

Changeant une fois de plus d'instrument, Emmanuel Padieu conclut son riche parcours avec le « Notturno pour cor » de Franz Strauss (le père de Richard), joué sur le cor actuel qui bénéficie de tout le confort moderne. Belle sonorité, dynamique généreuse et style sont au rendez-vous.

Les cordes seules complètent ce panorama avec deux suites de Telemann : la suite en do, construite comme un bel édifice baroque, et surtout la suite dans le style représentatif « Don Quichotte », pleine d'invention, de contrastes et d'humour. Chaque musicien s'investit avec talent et conviction sur cette nouvelle voie de l'interprétation baroque que pratique avec compétence depuis longtemps Gilles Colliard.

 

Serge Chauzy

 



 

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