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Concerts/ Odyssud / Rencontres des Musiques Anciennes en Midi-Pyrénées
Ensemble Baroque de Toulouse - "Orfeo ed Euridice" - 19 avril 2011
     

CRITIQUE

Orphée au paradis

Invité à participer aux Rencontres des Musique Anciennes en Midi-Pyrénées organisées à Odyssud, l’Ensemble Baroque de Toulouse et son directeur Michel Brun ont choisi de présenter une version rarement donnée de l’Orphée et Eurydice du chevalier Christoph Willibald Gluck, la version originale, en italien, créée à Vienne en 1762. Cet « Orfeo ed Euridice », composé sur un livret italien de Ranieri de Calzabigi, est le plus dépouillé, celui qui va droit au fond du drame. La version ultérieure, en français, de 1774, fait la part belle aux exigences des chanteurs virtuoses. Quant à la révision pratiquée par Berlioz en 1859, elle s’éloigne sensiblement de la volonté originale de Gluck de traduire le mythe avec une touchante et tragique simplicité.


Michel Brun à la tête de l'Ensemble Baroque de Toulouse. Le duo Orfeo-Euridice du
troisième acte -
Photo Classictoulouse

Cette version de concert, donnée sur la scène d’Odyssud, traduit néanmoins l’action intérieure de ce mythe éternel par une mise en espace et en situation habile et convaincante des trois personnages et de leur implication dans le drame.
L’ensemble instrumental, sensiblement réduit, commente l’action intérieure avec finesse et musicalité. La direction de Michel Brun, souple et bien phrasée, suscite comme un lent crescendo qui conduit l’action, ramassée et proche de la tragédie antique, vers ce troisième acte bouleversant d’émotion. Les interventions stratégiques du chœur possèdent l’impact dramatique nécessaire qui commente l’action et y participe. Tout ceci dans un parfait équilibre entre les voix et les instruments. Si l’on peut regretter l’absence des cuivres, trombones et cornets à bouquin, destinés à donner sa couleur aux forces infernales, on ne peut qu’admirer les interventions oniriques de la flûte et de la harpe, tenues respectivement par Lucie Gaboriau Chambon et Nanja Breedick.


Les trois chanteuses de cette originale production - De gauche à droite : Isabelle Fallot (Euridice), Caroline Champy Tursun (Orfeo), Maud Ryaux Noudel (Amour)
Photo Classictoulouse

Bien qu'à l’origine le rôle d’Orfeo était tenu par un castrat (Gaetano Guadagni, à la création), c’est à une voix d’alto que revient souvent cette tâche. Caroline Champy Tursun incarne ici un Orfeo sensible, émouvant. Son très beau timbre, à la fois clair et chaleureux, sa parfaite diction, expressive et quasi-syllabique, qui ne laisse aucun mot dans l’ombre, place son personnage au centre du drame. L’Euridice d’Isabelle Fallot prend un relief étonnant grâce à une projection vocale d’une ampleur inhabituelle. Le duo des deux amants, au troisième acte, atteint une force expressive, une conviction qui emportent la compassion. Enfin, dans le rôle court mais décisif de l'Amour équipé d’une amusante paire d’ailes rouge sang, la soprano Maud Ryaux Noudel, apporte son lot de légèreté mutine qui commente le bonheur d’un véritable « happy end ». En effet, dans cette version particulière du mythe, Euridice revient à la vie et à l’amour d’Orfeo, contrairement aux dénouements alternatifs et plus pessimistes qui prévalent dans la plupart des autres adaptations de la légende.
Les acclamations du public obtiennent une reprise joyeuse et bienvenue de la scène finale.

Serge Chauzy

 

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Renseignements détaillés et réservations :

Odyssud - Blagnac

Tél: 05 61 71 75 15

http://www.odyssud.com/

 
Renseignements et
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