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Concerts/ Orchestre de Chambre de Toulouse / Colliard (28/11/2006)
     




Gilles Colliard, violoniste et directeur de l'Orchestre de Chambre de Toulouse

 

CRITIQUE

Wolfgang et les autres

Quelle bonne idée d’associer au génie du grand Mozart la pratique musicale qui avait cours en son temps. Ce fut la thématique du concert donné le 28 novembre dernier par l’Orchestre de Chambre de Toulouse sous les voûtes de l’auditorium de Saint-Pierre des Cuisines.

Le père de Wolfgang, Leopold, a laissé un traité de violon qui fit autorité. Il possédait aussi un certain talent de compositeur qui s’exerça dans une série de « sinfonias » pour cordes dont les musiciens toulousains, placés sous la direction de Gilles Colliard, jouent en ouverture deux partitions, en sol majeur et en si bémol majeur, en utilisant l’instrumentarium « ancien » dont ils se sont judicieusement dotés.


Si la première semble ne s’écarter qu’avec circonspection de thèmes simples basés sur un accord parfait, la seconde présente l’originalité d’un mouvement lent plein de charme.

L’autre volet de l’entourage mozartien concerne ce mal aimé de l’histoire, Antonio Salieri. Gilles Colliard, à juste titre, rétablit d’abord la vérité sur les rapports cordiaux qui furent ceux de ce compositeur italien, admiré en son temps, avec Wolfgang dont il ne provoqua en aucun cas la mort, comme le colportent encore certaines légendes. Sa symphonie n° 19, très italienne d’esprit par l’animation rythmique et l’harmonie, est dirigée avec précision et vivacité par Pierre Bleuse, premier violon de l’OCT.

Les deux concertos pour violon et orchestre, de Mozart le grand, dominent néanmoins nettement ce programme. Gilles Colliard en développe une vision originale, pleine de vitalité et d’énergie, dépassant ainsi le caractère « galant » auquel on limite trop souvent ces partitions de jeunesse. Il y suscite les dialogues les plus féconds entre son violon solo, dynamique et dense, et les cordes, ou surtout les vents qui rejoignent ici le tutti. Dans le mouvement lent du 3ème concerto, sublime confidence ou prière, le violon chante avec une émouvante intensité. Les cadences que joue Gilles Colliard, dérivées de celles du célèbre Joachim et joliment ornées par l’interprète, soutiennent l’expression avec imagination et fantaisie.

Le bis traditionnellement offert annonce le concert suivant. Le final de la symphonie « La Passion », de Haydn, témoin caractéristique de la période « Sturm und Drang » du compositeur, frémit de toutes ses cordes.

Serge Chauzy

 

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