CRITIQUE
Aux âmes bien nées…
L’année de l’Arménie en France motivait la programmation particulièrement originale du deuxième concert de la saison de l’Orchestre de Chambre de Toulouse, le 12 octobre dernier.
Outre un choix d’œuvres d’une belle couleur automnale, la sensation de la soirée est venue d’un tout jeune violoniste de 12 ans, le Chinois de Taïwan, Chi Li, actuellement élève au Conservatoire de Toulouse dans la classe de Gilles Colliard. Soliste du concerto pour violon et cordes d’Alexander Arutunian, cet adolescent à peine sorti de l’enfance a laissé le public pantois d’admiration. Au-delà de son sourire d’enfant et de son apparente fragilité, voici un artiste qui possède une panoplie technique et expressive étonnante de maturité. Virtuose accompli, il ne craint ni les doubles cordes, ni les sons harmoniques et anime son interprétation d’une belle vitalité. A la surprise générale, il accepte volontiers de jouer un bis… au piano. Les enfants prodiges existent toujours !
Il serait injuste de na pas évoquer la beauté profondément marquée par la musique modale d’origine arménienne des autres pièces jouée au cours de ce concert.
Le lent cheminement de l’ombre à la lumière du Psaume et fugue op. 40 de l’Américain d’origine arménienne Alan Hovhaness, la dense et complexe Double Fugue du célèbre Aram Khatchaturian, le recueillement mystique du « Cantus animae et cordis » de Richard Yardumian et enfin le « tube » de la soirée, la « Danse du sabre » de Khatchaturian brossent le tableau d’un style fleurant bon le terroir.
Le soin extrême des exécutions, la conviction de chaque musicien de l’OCT emportent l’adhésion.
Serge Chauzy