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Concerts/
Orchestre de Chambre de Toulouse /
La France baroque
06/12/2010 |
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CRITIQUE
Grand Siècle : la musique et la danse
Molière l’évoque avec insistance dans son Bourgeois Gentilhomme : « La musique et la danse, c’est là tout ce qu’il faut. » Le programme du concert, donné le 6 décembre dernier à l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines par l’Orchestre de Chambre de Toulouse, en illustre brillamment le propos.
Consacré au grand style baroque français des 17ème et 18ème siècles, ce programme explore alternativement les deux périodes fastes qui ont produit les partitions les plus marquantes de cette époque dorée. Ainsi que le précise Gilles Colliard en préambule au concert, la musique de cour, incarnée au 17ème siècle par Jean-Baptiste Lully et pratiquée exclusivement à Versailles, reste le fait du Prince. Le développement des Concerts Spirituels, localisés aux Tuileries, autorise une évolution vers moins de solennité et plus de virtuosité galante dès l’orée du 18ème siècle. |

Gilles Colliard, soliste, et les musiciens de l'Orchestre de Chambe de Toulouse
lors du concert du 6 décembre 2010
(Photo Classictoulouse) |
C’est sur le célèbre ballet « Le triomphe de l’Amour », de Lully, que s’ouvre cette soirée du 6 décembre. Douze danses aux rythmes contrastés incluent menuets, bourrées, mais aussi les airs traditionnels et ces fameuses « Entrées » qui marquent les interventions des principales divinités à la fête qui réjouissait le Roi Danseur, Louis le Quatorzième ! Les musiciens toulousains, aguerris au style baroque et munis de leurs instruments idoines, jouent la transparence et la grâce légère. La diversité rythmique fait plaisir à entendre. La solennité des entrées d’Apollon et de Mars, l’agitation fébrile de celle de « Quatre Vents » marquent du sceau de l’authenticité une musique qui, pour être strictement cadrée, n’en déploie pas moins un raffinement extrême.
La période des Concerts Spirituels met en valeur la performance individuelle. Et c’est l’impressionnante virtuosité de Gilles Colliard qui passe alors au premier plan. Le concerto pour violon et cordes n° 1 du grand violoniste de l’époque, Jean-Marie Leclair, explore toutes les possibilités techniques que permettait l’instrument. Habilement secondé par ses musiciens, le soliste franchit fièrement le redoutable obstacle des double-cordes. Tout aussi éblouissant apparaît son jeu dans l’extrême virtuosité du concerto op. 4 de l’énigmatique Chevalier de Saint-Georges. Celui que l’on avait baptisé « Le Nègre des Lumières », avait lui aussi hésité entre la carrière de danseur et celle de musicien compositeur. Il développe un style galant proche de celui du jeune Mozart, mais en y ajoutant un brin de folie. Les ébouriffantes performances techniques requises ici sont habilement accomplies par Gilles Colliard et ses complices.
L’étonnant catalogue chorégraphique intitulé « Caractères de la danse », de Jean-Ferry Rebel, complète ce brillant programme. Le compositeur du fameux recueil « Les Elémens », y expose l’essentiel des danses de son époque dans un déroulé continu d’une grande finesse. Une incroyable musette en imitation alterne avec, une fois encore, l’extrême virtuosité qui est demandée au violon solo.
La soirée se prolonge avec un bis ardemment réclamé par le public, le 1er mouvement du concerto n° 6 de Jean-Marie Leclair.
Serge Chauzy |
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infos |
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Programme du concert
du 6 décembre 2010 à
20 h 30, à l'auditorium Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse :
* J.-B. Lully
- Le triomphe de l'Amour
* J.-M. Leclair
- Concerto pour violon et cordes n° 1
* J.-F. Rebel
- Caractères de la danse
* Chevalier de Saint-Georges
- Concerto pour violon et cordes op. 4 en ré majeur
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