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Concerts/
Orchestre de Chambre de Toulouse /
Gershwin et Dvořák
22/02/2011 |
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CRITIQUE
C’est l’Amérique !
Chaque concert de l’Orchestre de Chambre de Toulouse établit son programme sur un thème original et apporte ainsi souvent le plaisir de la découverte. Ce fut une fois de plus le cas lors de la soirée du 22 février dernier consacrée à une escapade new-yorkaise. Gershwin et Dvořák ont en effet en commun d’avoir exercé leurs talents, il est vrai à des époques différentes, dans la « grosse pomme ».
C’est donc chronologiquement avec la Sérénade pour cordes du grand compositeur tchèque que Gilles Colliard et ses musiciens ouvraient leur concert. Les Etats-Unis, qui ont toujours su intégrer les influences extérieures ont fait appel à Antonin Dvořák à la fin du 19ème siècle pour diriger un temps le conservatoire de New York, ce qui a valu à la postérité une riche moisson d’œuvres inspirées du nouveau monde. La Sérénade pour cordes, qui date néanmoins des années antérieures à la visite américaine, s’avère quant à elle tout imprégnée du terroir de Bohème. |

L'Orchestre de Chambre de Toulouse lors de l'exécution de la Sérénade pour cordes
de Dvořák (Photo Classictoulouse) |
Les musiciens toulousains abordent le Moderato initial sur la pointe des pieds, nimbant les premiers accords d’un certain mystère qui débouche sur l’intense poésie de son développement. Le charme irrésistible de la Valse et la couleur si profondément tchèque du Scherzo (qui justifie parfaitement son caractère ludique) sont suivis d’un Larghetto plein d’émotion, de nostalgie et même d’une certaine inquiétude. Le retour aux sources de la danse éclate dans l’effervescence du Vivace final. Le jeu des cordes sonne avec rigueur et souplesse.
Avant de découvrir le plat de résistance signé George Gershwin, Gilles Colliard dirige, du même grand compositeur américain « de souche », une aimable Berceuse pour cordes d’une infinie douceur qui bruisse comme un tendre murmure. |

Michel Lethiec, soliste de la suite transcrite pour clarinette et cordes par Franck Villard de " Porgy and Bess" de Georges Gershwin (Photo Classictoulouse) |
C’est au clarinettiste Michel Lethiec, en outre directeur du festival Pau Casals de Prades, qu’échoit le rôle de soliste de la suite pour clarinette et cordes transcrite par Franck Villard à partir de l’opéra « Porgy and Bess » du même Gershwin. Michel Lethiec est en fait l’inspirateur de cette transcription qui lui est dédiée. On connaît la finesse et l’incroyable palette expressive de ce grand musicien. Elle éclate ici avec évidence. De la gouaille jazzy de l’ouverture à la tendresse poétique du fameux Summertime, le soliste déploie une variété de sonorités, de phrasés, de dynamiques véritablement impressionnante. Son instrument incarne et caractérise tour à tour tous les personnages de l’ouvrage original. Des amants héros Porgy and Bess, au voyou Crown et son compère dealer Sportin’Life, en passant par la tendre Clara. Ardemment secondé par les cordes de l’orchestre, Michel Lethiec réalise une véritable performance dans une incroyable cadence qui conduit la sonorité de sa clarinette du murmure au hennissement… Bravo l’artiste !
Après avoir bissé un extrait de cette suite, Michel Lethiec offre au public charmé une version idyllique du Chant des Oiseaux du maître Pau Casals. Grâce et sensibilité.
Serge Chauzy |
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infos |
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Programme du concert donné le 22 février à
20 h 30 à l'auditorium Saint-Pierre des Cuisines :
* A. Dvořák
- Sérénade pour cordes en mi majeur op. 22
* G. Gershwin
- Berceuse
pour cordes
* G. Gershwin/F. Villard
- Suite pour clarinette et orchestre à cordes de "Porgy and Bess"
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