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Concerts/
Orchestre de Chambre de Toulouse /
Quatuor Barbaroque
Concert Beethoven -
17/05/2011 |
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CRITIQUE
Beethoven, violon et compagnie…
Le mélange n’était pas évident a priori. Comment intégrer un ensemble aussi spécifique que le fameux Quatuor Barbaroque aux cordes de l'Orchestre de Chambre de Toulouse ? Et comment cet étrange métissage rend-il justice à la musique de Beethoven ? L’épreuve du concert donne raison aux audacieux dont le seul but consiste à respecter la musique, quitte à lui donner une autre image, à la parer d’autres couleurs.
Le 17 mai, l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines recevait donc, à l’initiative de Gilles Colliard et de l’Orchestre de Chambre de Toulouse, les quatre compères du Quatuor Barbaroque, c’est-à-dire Gilles Raymond au tympanon, ce très bel instrument à cordes frappées, Alain Territo, au bandonéon, Patrick Mathis, à l’orgue mécanique (ou de Barbarie) équipé de son impressionnante pile de cartons perforés, et Didier Capeille, à la contrebasse. |

Gilles Colliard soliste de ce concert Beethoven, jouant ici son nouveau violon signé Guarnerius, avec l'Orchestre de Chambre de Toulouse et le Quatuor Barbaroque
- Photo Classictoulouse - |
Endossant les fonctions des instruments à vent et des percussions, le Quatuor Barbaroque participe avec talent à l’interprétation du répertoire beethovénien dans le domaine du violon concertant. Toute la soirée est donc consacrée aux deux Romances et au célébrissime concerto qui constituent l’intégrale de ce que Beethoven a conçu pour cette formation. Une rude tâche pour le soliste qui n’est autre que Gilles Colliard lui-même. Mais un Gilles Colliard « nouveau », puisqu’il vient de changer de compagnon instrumental. Troquant son beau Stradivarius, pur et clair, d’une parfaite homogénéité pour un Guarnerius coloré, riche en harmoniques, chaleureux dans ses sonorités, il joue son rôle avec une présence renouvelée. La tendre nostalgie de la première Romance en sol majeur, la suavité lyrique de la seconde en fa majeur trouvent avec le violoniste un interprète libre d’une expression pleine de vitalité. Les timbres nouveaux de l’accompagnement orchestral se fondent habilement en un dialogue harmonieux et complémentaire. |

L'ensemble du dispositif instrumental. A droite, le tympanon, au fond l'orgue mécanique, à gauche derrière Gilles Colliard le bandonéon, au fond à gauche la contrebasse du Quatuor Barbaroque - Photo Classictoulouse - |
Les habitudes d’écoute du concerto en ré majeur sont généreusement bousculées dès les premières apparitions de la contrebasse et du tympanon qui « imitent » la timbale. Tout au long de l’œuvre, les interventions de ces instruments quelque peu « exotiques » ici ne commettent aucun hiatus avec les cordes qu’ils complètent avec une habileté impressionnante. La partition se pare de nouvelles couleurs qui révèlent autrement quelques séquences étonnantes. Il en est ainsi du tendre duo entre le violon soliste et le bandonéon, dans le Larghetto, ou encore de l’effervescent final, exubérant comme un éclat de rire. Gilles Colliard déploie une énergie prodigieuse tout au long de son interprétation. En particulier, il choisit de jouer les deux folles cadences imaginées par Joseph Joachim, ce contemporain et ami de Brahms, en lieu et place des plus courantes signées Fritz Kreisler. Des cadences ébouriffantes de virtuosité qui évoquent les plus acrobatiques partitions de Paganini.
Etonné et ravi le public enthousiaste réclame et obtient un bis « électrique ». Le final du concerto « L’Eté », extrait des Quatre Saisons de Vivaldi réunit une fois de plus les cordes et le Quatuor Barbaroque dans cette évocation de l’orage, pleine de bruit et de fureur joyeuse.
Serge Chauzy |
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infos |
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Programme des concerts
des 16 et 17 mai 2011 à
20 h 30, à l'auditorium Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse, et du 19 mai 2011 à 20 h 30 au Phare de Tournefeuille :
* L. van Beethoven
- Romance pour violon et orchestre n°1 opus 40 en sol majeur
- Romance pour violon et orchestre n°2 opus 50 en fa majeur
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Concerto pour violon et orchestre opus 61 en ré majeur
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