www.classicToulouse.com
ARCHIVES
 
 

 

Concerts/ Orchestre de Chambre de Toulouse / "Le violon virtuose"
21/05/2010
     

CRITIQUE

Un merveilleux voyage au pays du violon

Intitulé « Le violon virtuose », le concert d’abonnement du mois de mai de l’Orchestre de Chambre de Toulouse ambitionnait d’aborder un domaine sans limite. Celui du violon comme instrument soliste. La démonstration a ménagé de grands moments de musique que l’on doit aussi bien aux musiciens de la formation toulousaine, et principalement à Gilles Colliard et Pierre Bleuse, qu’au talent impressionnant de Régis Pasquier, soliste invité et grand explorateur de tous les styles d’interprétation d’un large répertoire.


L'Orchestre de Chambre de Toulouse accompagnant le concerto pour trois violons de Vivaldi avec, de gauche à droite : Régis Pasquier, Gilles Colliard et Pierre Bleuse
(Photo Classictoulouse)

Antonio Vivaldi ouvre le ban avec son pétillant concerto pour trois violons. Régis Pasquier, Gilles Colliard et Pierre Bleuse rivalisent d’esprit, d’énergie, de musicalité dans cette pièce brillantissime qui s’organise comme une discussion animée, comme une série d’échanges prodigieusement fructueux. Très subtilement architecturé, ce concerto alterne les répliques entre les trois solistes qui s’opposent, se retrouvent, rivalisent de virtuosité.
Suit un étonnant sixième concerto pour violon de Pietro Locatelli, cet inventeur de génie dont on ne connaît que trop peu d’œuvres. Eblouissant, parsemé de traits étranges, d’intervalles inattendus, d’harmonies audacieuses, ce concerto offre à Gilles Colliard l’occasion de démontrer l’ampleur de ses capacités d’interprète. Deux cadences déchaînées, comme des manifestations de folie furieuse, dépassent ce que l’on croyait possible de faire avec un violon « normal » et un archet.
C’est ensuite à Pierre Bleuse de se glisser dans la peau d’un violoniste tsigane. Les « Airs bohémiens » de Pablo de Sarasate évoquent ce style populaire et noble à la fois dans cette peinture sonore que le soliste aborde avec naturel. Pierre Bleuse dément ici l’aphorisme du regretté Boby Lapointe qui affirmait qu’il fallait choisir entre jouer « juste » et jouer « tsigane ». Le premier violon de l’OCT joue ici juste ET tsigane…


Régis Pasquier soliste du concerto pour violon et orchestre de Gilles Colliard, joué en
création (Photo Classictoulouse)

Le changement de style est tout aussi frappant avec ce très beau « Poème » op. 25 d’Ernest Chausson. Dans cette version pour orchestre à cordes signée David Walter, Régis Pasquier en exprime toute la poésie, le lyrisme intense, la fougue chaleureuse. Technique et expression se rejoignent dans la plus parfaite harmonie.
La conclusion de la soirée réservait une belle surprise à son public avec la création d’un concerto pour violon et orchestre à cordes de Gilles Colliard lui-même. On connait le talent authentique de compositeur de Gilles Colliard. Son Requiem, créé en janvier 2007, avait suscité une forte émotion. Ce nouveau concerto, dédié à son créateur soliste, Régis Pasquier, vient confirmer les qualités d’imagination et d’intensité expressive d’une production qui, si elle plonge ses racines dans une tradition tonale héritée d’un Bartók ou d’un Britten, s’impose avec évidence par son originalité. Cette musique de l’émotion, de l’angoisse parfois, notamment dans son bouleversant mouvement central, naît du silence pour s’achever dans un éblouissant feu d’artifice. Soutenu par un orchestre aux couleurs impressionnantes dirigé par le compositeur, Régis Pasquier y porte la partie soliste avec une force et une conviction admirables. La Caprice n° 1, de Niccolò Paganini, qu’il joue en bis, aurait pu conclure la soirée sur cette note brillante et virtuose. Le succès obtenu auprès du public aboutit à la reprise bienvenue de l’épisode final du concerto de Gilles Colliard. Il ne pouvait y avoir de meilleure conclusion.

Serge Chauzy

 

infos
 

 

Renseignements et réservations :

Orchestre de Chambre de Toulouse

Tél: 05 61 22 16 34

www.orchestredechambre
detoulouse.fr/

 
 

Programme des concerts
du 18 mai 2010 à 20 h 30 au Phare de Tournefeuille et des 20 et 21 mai 2010 à 20 h 30 à l'auditorium Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse :

* A. Vivaldi :
- Concerto pour 3 violons FI N°34

* P. Locatelli :

- Concerto pour violon
n° 6

* P. de Sarasate :
- Airs bohémiens (Arrangement Gilles Colliard)

* E. Chausson :
- « Poème » (Arrangement David Walter)

* G. Colliard :
- Concerto pour violon (création mondiale)

 

Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines

 
2010-2011
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index