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Concerts/ Orchestre de Chambre de Toulouse / La Symphonie Classique
12/02/2010
     

CRITIQUE

Amadeus, Luigi et Joseph

Trois compositeurs parmi les plus représentatifs de la période classique étaient convoqués par Gilles Colliard et ses musiciens de l’Orchestre de Chambre de Toulouse, le 12 février dernier à l’auditorium de Saint-Pierre des Cuisines. Cet hommage à la symphonie classique aborde ainsi le répertoire d’un orchestre mêlant cordes et vents. Outre le renfort de jeunes musiciens à cordes supplémentaires issus du Centre d'Etudes Supérieures Musique et Danse de Toulouse, la formation bénéficie pour l’occasion de la participation de deux hautboïstes, deux cornistes et d’un flûtiste dont les contributions s’avèrent décisives.


L'Orchestre de Chambre de Toulouse, dirigé par Gilles Colliard lors du concert
du 12 février 2010 (Photo Classictoulouse)

Gilles Colliard lui-même échange son violon contre la baguette de chef d’orchestre, indispensable à la cohésion et à l’équilibre sonore de ce beau répertoire. Mozart y joue le rôle essentiel avec l’exécution de deux de ses symphonies de jeunesse. Et tout d’abord celle de la toute première partition de ce corpus de 41 numéros, la symphonie KV 16 en mi bémol majeur. Incroyablement conçue avant le huitième anniversaire de son enfant d’auteur, les trois volets de cette œuvre dévoilent, plus encore qu’un savoir-faire, un véritable tempérament de compositeur, au-delà de quelques inévitables maladresses. L’intensité dramatique du Molto Allegro, surprend par son aplomb. L’Andante frissonne curieusement comme l’accompagnement de l’air du froid du Roi Arthur de Purcell, et le Presto enchaîne une étonnante série de dissonances expressives.
Vigueur et allégresse caractérisent sa quinzième symphonie, partition d’un adolescent de seize ans déjà maître de son art. Les interprètes en soulignent les traits d’esprit et la grâce juvénile.
Trop rarement inscrite au programme des concerts, l’œuvre orchestrale de l’Italien Luigi Boccherini, exilé à la cour d’Espagne, mérite largement le détour. La lumière d’Italie éclaire sa troisième symphonie que joue l’Orchestre de Chambre. Le Menuetto amoroso reçoit dans son trio la très pastorale contribution de la flûte solo (excellent Jean Robert Gasciarino) et la cascade du Presto assai charme immédiatement.
C’est celui que l’on considère souvent comme le père de la symphonie classique, le grand Joseph Haydn, qui conclut la soirée. Sa « Trauer » symphonie n° 44 en mi mineur, malgré son sous-titre « Funèbre », concentre et déploie une formidable énergie bien dans l’air du temps de ce « Sturm und Drang » préromantique. Gilles Colliard, avec précision et vitalité, en souligne les contrastes dramatiques. L’Adagio, paisiblement funèbre, ouvre la voie vers un Presto final d’une impressionnante violence. Les perruques poudrées en prennent pour leur grade ! Et la démonstration est faite que « classicisme » ne rime pas seulement avec sérénité et douceur.

Serge Chauzy

 

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Renseignements et réservations :

Orchestre de Chambre de Toulouse

Tél: 05 61 22 16 34

www.orchestredechambre
detoulouse.fr/

 
 

Programme du concert
du 12 février à 20 h 30 à l'auditorium Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse :

* W. A. Mozart
- Symphonie n°1 KV 16 en mi bémol majeur

* L. Boccherini

-Symphonie G. 503 op. 16 n°2 en ré majeur

* W. A. Mozart
- Symphonie n°15 en Sol majeur KV 124

* J. Haydn
- Symphonie n°44 en Mi mineur « Trauer »

 

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