Le 19 septembre, à l’auditorium de Saint-Pierre des Cuisines, les musiciens de l’OCT, sous la direction de Gilles Colliard, ouvraient la soirée sur une Sinfonia en Si bémol majeur du père de Wolfgang, Leopold, le maître du violon de son époque. Les trois mouvements de cette partition témoignent d’un savoir-faire plus que respectable pour un compositeur qui n’a pas laissé les traces indélébiles dont son fils a marqué l’histoire de la musique. Le mouvement central, en particulier, truffé d’originalités harmoniques et rythmiques (ces étonnants contretemps !) mérite à lui seul l’exhumation.
Deux des plus grandes symphonies de Mozart le fils occupaient l’essentiel de la soirée : les n° 38 (sous-titrée « Prague ») et 40. Les douze musiciens de l’OCT se sont attachés à redécouvrir les transcriptions pour orchestre à cordes de ces deux partitions, originalement conçues pour un orchestre symphonique. Comme le rappelle opportunément Gilles Colliard, la transcription (en l’occurrence « la réduction ») pour un groupe plus limité de musiciens constituait, aux époques antérieures à l’apparition de la reproduction sonore, le seul moyen de diffusion des œuvres musicales auprès du grand public.
C’est dans les transcriptions d’un certain Giovanni Battista Cimador, musicien italien contemporain de Mozart, que l’OCT joue, sur son instrumentarium baroque, ces deux grandes partitions.
Adoptant les tempi vifs que permet l’effectif plus réduit, les interprètes font oublier les contributions originales des instruments à vent. Certes, ici où là, on pense à telle phrase des cors ou à tel solo de hautbois. Mais fort heureusement, les musiciens n’essaient pas de « faire la grosse voix » pour imiter le grand orchestre. La restitution de l’œuvre se fait dans des conditions complémentaires qui rendent pleine justice à la partition. C’est un peu comme si l’on découvrait un monument célèbre sous un angle différent. L’expérience valait le coup d’être menée.
Serge Chauzy |