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Concerts/Orchestre de Chambre de Toulouse (20 et 21/11/07)
     

CRITIQUE

Le Grand Siècle en liberté

La musique française du début du 17ème siècle peut parfois sonner avec une solennité quelque peu empesée, bien en accord avec celle de la royauté du Grand Siècle. Le concert de l’Orchestre de Chambre de Toulouse du 20 novembre dernier prouve à quel point le jeu des interprètes est à même de lui insuffler une vie, une liberté expressive insoupçonnées.


L’Orchestre de Chambre de Toulouse (Photo Studio ZE)
 

Il est vrai que Gilles Colliard et ses musiciens avaient concocté un programme d’une cohérence et d’une intelligence digne d’éloges. Prenant pour prétexte un séjour de Georg Philipp Telemann à Paris (1737-1738), l’OCT proposait à ses fidèles mélomanes un dialogue fructueux entre deux suites écrites en France par le compositeur allemand et quelques pièces de deux des plus grands créateurs locaux de l’époque, Jean-Baptiste Lully et François Couperin, tous deux animateurs de la vie musicale à la cour de Louis XIV.

La comparaison met alors en évidence les points communs et les spécificités de chacun.

La clarté limpide du jeu des cordes est rehaussée par l’utilisation, ô combien bienvenue, de l’instrumentation baroque, une instrumentation parfaitement assimilée par tous les musiciens de l’ensemble.

Lully ouvre et ferme le programme de la soirée avec « Le divertissement de Chambord » et « Le triomphe de l’Amour ». Cette sorte d’essence, d’exaltation de la danse s’épanouit dans la vigueur des rythmes pointés admirablement soutenus par l’interprétation.

François Couperin occupe le cœur du concert avec son 3ème concert royal, conversation intime à deux ou à trois voix et basse continue, dans laquelle le violon, l’alto, le violoncelle et le clavecin dialoguent avec élégance, imitant au passage le paisible ronron de la vielle à roue.

Telemann, enfin, avec deux de ses suites, manifeste sa spécificité. La polyphonie et le contrepoint s’y épanouissent avec rigueur et liberté. Après « La bizarre » et son imitation du rossignol, « La putain » intègre avec malice l’air d’une chanson coquine bien connue à l’époque.

Tout au long de la soirée, la phalange toulousaine fait preuve d’une éblouissante vitalité, exaltant ainsi la richesse rythmique d’un style musical que la tradition avait parfois un peu trop figé.

Le cadeau final joué en bis, la chaconne de Destouches, constitue un échantillon goûteux du dernier album CD enregistré par l’Orchestre de Chambre, le « Voyage en Europe ».

Serge Chauzy

 

infos
 

Renseignements et réservations :

Orchestre de Chambre de Toulouse
www.orchestredechambre
detoulouse.fr/

 

Programme du concert :

* G.P.Telemann
- 2 suites pour orchestre
en Sol majeur :
« La Bizarre »
« La Putain »

* F. Couperin
- 3° concert royal

* J. B. Lully 
- Le divertissement de Chambord
- Le triomphe de l’amour

 

 

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