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Concerts/
Orchestre de Chambre de Toulouse /
Gargantua -
05/05/2008 |
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CRITIQUE
La Fontaine, Rabelais et compagnie…
C’est à un panorama d’un remarquable éclectisme que nous conviaient Gilles Colliard et ses musiciens, lors du récent concert d’abonnement donné le 5 mai dernier en l’auditorium de Saint-Pierre des Cuisines, par l’Orchestre de Chambre de Toulouse. Les musiques françaises dans toute leur diversité en constituaient le programme.
Marc Antoine Charpentier ouvre la soirée sur un très élégant « Concerts » pour cordes. Construit comme une suite de danses, alternant gigues et autre sarabande, cette pièce exalte le sens du rythme qui anime les musiques de cour du Grand Siècle. Jouant pour l’occasion sur leur instrumentarium baroque, les musiciens de l’OCT offrent les phrasés raffinés que demande cette partition. Gilles Colliard anime le discours avec cette éloquence si spécifique que l’on retrouve également chez Lully. |

Au premier plan la compositrice Muriel Adamo aux manettes lors de l’exécution
de son œuvre « La Cigale et la Fourmi » dirigée par Mark Opstad |
Le contraste avec la pièce suivante n’est pas mince. Gilles Colliard a ainsi choisi de passer commande d’une œuvre ciblée à la compositrice d’aujourd’hui Muriel Adamo dont le parcours apparaît d’une remarquable richesse. Pianiste concertiste, elle est titulaire d’un doctorat en Musicologie et après un cursus au Département de Musique Ancienne du Conservatoire de Toulouse, elle étudie la composition électroacoustique auprès de Bertrand Dubedout. C’est à cette dernière facette de sa formation qu’appartient l’œuvre jouée ce soir-là en création mondiale en sa présence active. Illustrant la célèbre fable de La Fontaine « La Cigale et la Fourmi », la partition de Muriel Adamo réunit les cordes de l’orchestre, la très belle Maîtrise du Conservatoire de Toulouse dirigée par Mark Opstad et un enregistrement électroacoustique. Particulièrement évocateur, cet enregistrement élabore une atmosphère étonnante faite de bruissements d’animaux, de sons inquiétants ou rassurants, de sons musicaux et de voix également qui répondent comme en un savant contrepoint à ceux des interprètes présents. Un grand bravo aux jeunes chanteurs de la Maîtrise et à son chef qui coordonne harmonieusement tous les éléments de cette pièce particulièrement originale. |

Nelson Monfort, récitant invité de la partition rabelaisienne de Jean Françaix |
Rabelais et « Les inestimables chroniques du bon géant Gargantua » amènent enfin sur le devant de la scène celui que l’on connaît surtout pour ses chroniques sportives polyglottes et hautes en couleurs, Nelson Monfort. Son goût profond pour la musique motive sa participation, en tant que récitant, à l’exécution de la piquante partition de Jean Françaix. Il décrit alors, d’une voix claire et mutine, les incroyables péripéties du bon Géant. De sa naissance à la fondation de l’utopique Abbaye de Thélème, en passant par les terribles et picaresques guerres picrocholines, la truculence rabelaisienne trouve en la musique de Jean Françaix une parfaite correspondance. Le récitant s’intègre astucieusement à la fresque colorée tissée par les cordes.
Surprise finale, Nelson Monfort se mue en chanteur de charme lors d’un bis inattendu et réjouissant ! Il entonne, sur fond de cordes nostalgiques, le fameux « Yesterday », des Beatles. Succès assuré…
Serge Chauzy |
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infos |
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Programme du concert
* M. A. Charpentier
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Concert pour cordes
* M. Adamo
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La cigale et la foumi
(J. de La Fontaine)
* J. Françaix
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Les inestimables
chroniques du bon géant
Gargantua -
(Texte de Rabelais) |
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Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
2008-2009
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