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Concerts/
Orchestre de Chambre de Toulouse /
Vous avez dit bizarre ?
07/04/2008 |
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CRITIQUE
Bizarre autant qu'étrange...
Un concert surprise, original et réjouissant, attendait les habitués des concerts de l’Orchestre de Chambre de Toulouse, le 7 avril dernier. A coup sûr, l’auditorium de Saint- Pierre des Cuisines a retenti, ce soir-là, de sonorités aussi nouvelles qu’étranges, voire incongrues ! |

Laurent Le Chenadec (au Kazoo) et Bernard Fourtet (Tuyau d'arrosage), solistes en folie de l'Orchestre de Chambre, entourent Gilles Colliard, virtuose des bouteilles de bière |
Gilles Colliard, momentanément souffrant du dos et donc privé de violon, n’en assure pas moins la direction de son orchestre auquel se sont joints quelques jeunes instrumentistes à vent, hautboïstes et cornistes. Le programme de la soirée s’ouvre pourtant sur une très rassurante symphonie en sol de Michaël Haydn, frère cadet de Joseph. Jouant sans chef, l’orchestre porte cette alerte partition avec une vivacité, une précision, un relief remarquables.
Avec le concerto pour basson et orchestre en si bémol majeur de Rossini, baptisé « Concerto expérimental », l’affaire se corse. Laurent Le Chenadec, bassoniste virtuose, se lance crânement dans ce qui évoque un air d’opéra à vocalises : un premier volet ébouriffant, une cantilène nostalgique et un final que l’interprète agrémente de cadences aussi inattendues qu’irrévérencieuses (un petit coup de Sacre du Printemps, un zeste de Carmen et un soupçon de Peer Gynt).
Plus rare encore, le serpent donne à Bernard Fourtet, grand spécialiste de cet ancêtre du tuba, l’occasion de briller dans un concerto signé Simon Proctor, jeune compositeur anglais. Alors que Gilles Colliard se convertit au jeu de cloches, le soliste démontre sa maîtrise et son imagination dans une nouvelle cadence citant Johann Strauss et sa Chauve-souris.
Les deux instruments et les deux compères s’emparent ensuite d’un double concerto de Johann-Baptist Vanhall, un contemporain de Mozart, dans lequel les solistes rivalisent de provocations instrumentales et jouent encore les cadences infernales. C’est Paganini et sa Campanella qui en font les frais.
La folie douce éclate enfin avec une éblouissante « sérénude » pour orchestre à cordes, flûtes à coulisse, tuyau d’arrosage, bouteilles de bière et kazoo, signée PDQ Bach, prétendument 21ème fils de Johann Sebastian, en fait pseudonyme de l’américain Peter Schikele. Cette douce folie gagne tous les musiciens, supposés sains d’esprit, de notre bel orchestre qui ont bien du mal à garder leur sérieux…
Voici qui démontre que la musique et le jeu font bon ménage !
Serge Chauzy
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infos |
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Programme du concert
* M. Haydn
- Symphonie en sol
* G. Rossini
- Concerto pour basson
en si bémol majeur
* S. Proctor
-
Concerto pour Serpent
et cordes
* J.B. Vanhall
- Double concerto pour
serpent et basson
*
PDQ Bach/P. Schikele
- Sérénude pour orchestre
à cordes, sifflets à
coulisse,
pomme de
douche et
Kazoo |
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