CRITIQUE
Bach en famille
C’est avec Bach le grand (autrement dit Johann Sebastian) que s’ouvrait, le 19 septembre dernier, la saison de l’Orchestre de Chambre de Toulouse. Un compositeur, certes incontournable, dont l’œuvre a irrigué toute la musique occidentale qui l’a suivi.
Gilles Colliard a, pour l’occasion, construit un programme ouvert autour de deux piliers incontestables du futur cantor de Leipzig, puisque l’essentiel de sa production profane instrumentale date de son séjour à Köthen : le 3ème Concerto Brandebourgeois et la Suite en si mineur pour flûte et cordes. La suite en sol mineur, également jouée par l’OCT, bien qu’elle ait été attribuée à Johann Sebastian, ne possède pas vraiment les caractères essentiels de Bach le grand.
Néanmoins, le concert débute avec une très élégante Sinfonia en ré mineur du seizième fils (mais oui !) de Johann Sebastian, Johann Christoph Friedrich Bach. C’est alors le moment de faire connaissance avec le nouvel instrumentarium baroque de l’OCT : cordes en boyaux, archets allégés qui confèrent à la sonorité de l’ensemble une douceur, mais aussi une finesse bien particulières. Sous la direction affûtée de Gilles Colliard, on retrouve le phrasé, l’accentuation, les rebondissements baroques qui n’ont plus de secret pour le directeur de l’OCT.
Le 3ème Concerto Brandebourgeois acquiert ainsi une vigueur, un allant et un relief vivifiants. A noter la présence du violoniste Gilles Colliard… à l’alto pour cette exécution, et l’improvisation bienvenue d’une cadence entre les deux mouvements vifs.
Pour la Suite en si mineur, l’OCT a fait appel au flûtiste Michel Brun que l’on connaît bien ici pour sa direction de l’Ensemble Baroque de Toulouse. Sa pratique de la flûte traversière baroque s’intègre parfaitement à l’ensemble à cordes. Virtuose et musicien accompli il mêle la douceur de sa sonorité au soyeux des cordes.
Auparavant, il avait « roucoulé » avec finesse et poésie le très beau concerto pour flûte en ré majeur « Le Chardonneret » de Vivaldi. Un complément bienvenu à la production de la famille Bach.
L’Aria de la Suite en ré, de J. S. Bach, joué en bis, complète dans la méditation ce premier concert de la saison.
Serge Chauzy