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Concerts/ Grands Interprètes / S. Kovacevich (12/05/2007)
     
Le grand pianiste américain Stephen Kovacevich (photo Jillian Edelstein/EMI)

CRITIQUE

Beethoven tout simplement

Certains interprètes impriment leur marque profonde aux musiques qu’ils jouent, se les approprient comme s’ils en étaient les auteurs. Il en est d’autres qui se considèrent comme étant au service du compositeur et qui s’effacent devant la force du propos qu’ils défendent.

Le grand pianiste Stephen Kovacevich est de ceux qui abordent les œuvres avec l’humilité du « medium », au sens d’intermédiaire entre le créateur et le public. « Son » Beethoven sonne avec une vérité, une authenticité, pour tout dire avec une simplicité admirables. Une simplicité qui, paradoxalement, confère aux œuvres interprétées une intensité impressionnante.

Le 12 mai dernier, il était l’invité des Grands Interprètes, remplaçant Mikhaïl Pletnev, initialement programmé et qui avait annulé toutes ses apparitions comme pianiste.

Alors qu’il vient de terminer l’enregistrement d’une formidable intégrale des sonates de Beethoven, Stephen Kovacevich proposait aux Toulousains le triptyque final de ce socle unique. Les trois dernières sonates recueillent l’essentiel du message beethovénien : son intransigeance, ses souffrances, ses espoirs, ses doutes comme ses certitudes.

Le pianiste américain aborde les opus 109 et 110, les deux premiers volets du triptyque final, sur le bout des notes. Il ne déchaîne pas immédiatement les rugissements du vieux lion. Chacune de ces sonates se construit sur la durée. L’andante de la trentième (l’opus 109) et l’adagio de la trente et unième descendent au plus profond de la méditation. Le poids des silences bouleverse. Néanmoins, c’est le long parcours de l’Arietta de l’opus 111, l’ultime témoignage, qui atteint l’indicible. Stephen Kovacevich y met à nu les plus profondes pensées du compositeur, sans en rajouter, par le seul truchement d’une musicalité sans faille. Ce tragique retour sur soi émeut d’autant plus qu’il suit un premier mouvement passionné et convulsif, douloureusement révolté qui introduit cette dernière sonate, bilan d’une vie.

Ainsi dépouillées et droites, ces interprétations rendent fidèlement justice à un trio de chefs d’œuvre décidemment toujours d’avant-garde.

Serge Chauzy

 

infos
 

Programme du concert :

* L. V. Beethoven
- Sonate n° 30 (op. 109)
- Sonate n° 31 (op. 110)
- Sonate n° 32 (op. 111)



Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
Email: rp@grandsinterpretes.fr
 

 

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