Annonces / Critiques
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Concerts/
Grands Interprètes
- Haitink - Goerne -
Orchestre National de France (16/12/06) |
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| Le grand chef néerlandais Bernard Haitink |
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CRITIQUE
Macabres flamboyances
Deux œuvres austères, graves sous de fugaces éblouissements, célébraient, le 16 décembre dernier, l’anniversaire de Dimitri Chostakovitch, les cent ans de sa naissance placée sous le signe de l’angoisse.
Le grand chef néerlandais Bernard Haitink, un familier de l’œuvre du compositeur, dirigeait ce soir-là dans le cadre de la saison des Grands Interprètes, un Orchestre National de France particulièrement flamboyant. Une flamboyance néanmoins hantée par la mort, les deux partitions au programme se rattachant à la période ultime que vécut Chostakovitch. La « Suite sur des vers de Michelangelo Buonarroti », op. 145a et la toute dernière des quinze symphonies, op. 141, déclinent ce thème macabre avec ambivalence mais lucidité.
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Le baryton allemand Matthias Goerne |
Avec ces onze mélodies orchestrées sur des textes d’un Michel-Ange philosophe, Chostakovitch aborde aux rivages d’outre-tombe et de l’immortalité en passant par les valeurs humaines fondamentales comme l’amour, la beauté, l’injustice et, encore et toujours, la mort. L’orchestration de ces pièces, d’une transparence et d’une force suffocantes, habille la confidence grave, tour à tour résignée et révoltée, d’un chant profondément incarné. La direction analytique et d’une précision diabolique de Bernard Haitink fouille un matériau orchestral rendu transparent et sombre à la fois. Le baryton allemand Matthias Goerne, voix chaude, ample et colorée, anime ces textes avec retenue et gravité. Il alterne les atmosphères sans en accuser les contrastes, de la rage de « Courroux », à l’évocation magique de « La Nuit ».
Dans la quinzième symphonie, Chostakovitch réalise comme une synthèse de sa vie faite d’angoisse, de dissimulation vitale et de double langage. Les apparentes légèretés du texte musical, son allusion obsessionnelle au Guillaume Tell de Rossini, résonnent comme le maquillage d’un clown désespéré. L’ambiguïté règne ici en maître. Elle trouve en Bernard Haitink l’interprète idéal. Lucide, impitoyable, il tranche dans le vif sans redondance dans le grotesque grimaçant, ni excès d’apitoiement. La citation wagnérienne de « l’Annonce de la Mort » n’en est que plus glaciale, en exergue d’un final dont la musique se dissout dans une mécanique macabre et inexorable. Poignante exécution à laquelle la qualité orchestrale contribue au premier chef.
Serge Chauzy
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infos |
Renseignements et locations 61, rue de la Pomme,
31000
Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
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Email: rp@grandsinterpretes.fr |
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