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Concerts/
Grands Interprètes/ Alfred Brendel (11/11/2006) |
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Le grand pianiste Alfred Brendel (Photo Isolde Ohlbaum)
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CRITIQUE
Architecte de génie
Parvenu au sommet de son accomplissement d’artiste, le pianiste Alfred Brendel sait comme personne plonger ses racines dans le terreau originel de la musique dont il s’est fait le chantre. Présent à Toulouse le 11 novembre dernier dans le cadre de la saison des Grands Interprètes, il consacrait son récital à trois compositeurs majeurs du classicisme viennois.
Haydn, le fondateur trop longtemps négligé de bien des formes musicales classiques, ouvrait et concluait la soirée. Dans les deux volets de la sonate n° 56, Alfred Brendel construit un discours, bâtit des dialogues, dévoile des pistes que l’auditeur découvre avec ravissement. Caustique et plein d’humour, il en souligne les arêtes vives, oppose les humeurs.
Avec le triptyque de la sonate n° 60 qui conclut son récital, il prolonge cette atmosphère investigatrice, mène des discussions animées, explore les caprices d’interlocuteurs invisibles, brefs déploie une imagination d’une incroyable effervescence. On oublie le piano pour ne s’attacher qu’à la musique.
Schubert occupe ce soir-là une place de choix avec sa sonate-fantaisie D. 894 en sol majeur. Comme émergeant d’un « Voyage d’hiver » initiatique, les obsessions morbides jalonnent toute la partition comme dédiée aux douces souffrances. Ici aussi Alfred Brendel organise la matière musicale comme le ferait un architecte. Réminiscences nostalgiques, éblouissements passagers, refuges dans les mélodies terriennes et populaires brossent un tableau d’une profonde humanité qui fait de Schubert le plus sensible des créateurs.
Le troisième pilier du récital, Mozart, ne bouscule pas cette atmosphère d’intériorité. En effet, la Fantaisie en ut mineur KV 475 et le Rondo en la mineur KV 511 explorent le même monde douloureux que celui qu’illustra Schubert. L’interprète réussit la gageure de mener de front la vision globale des œuvres tout en soignant chaque détail et soulignant chaque intention, si fugitive soit-elle, avec un naturel désarmant.
La suprême maîtrise du bâtisseur.
Serge Chauzy
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infos |
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Renseignements et locations 61, rue de la Pomme,
31000
Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00. |
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