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Concerts/
Grands Interprètes /
J. S. Bach - T. Koopman (12/10/2007) |
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The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir, direction Ton Koopman
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CRITIQUE
Vers la lumière
La rencontre entre les deux associations Grands Interprètes et Toulouse les Orgues offrait aux mélomanes le privilège d’une exécution luxueuse de la Messe en si mineur. Cette « Hohe Messe » que son compositeur Johann Sebastian Bach n’a jamais entendue intégralement de son vivant, symbole fondamental d’un œcuménisme musical, réunit les rites catholique et réformé dans une même quête spirituelle.
Les interprètes réunis ce 12 octobre dernier à la Halle-aux-Grains sont de ceux qui ont acquis une légitimité toute particulière dans ce répertoire exigeant. Ton Koopman et « The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir » ont, il y a peu de temps, achevé l’enregistrement et l’exécution publique des quelques centaines de cantates auxquelles Bach a consacré l’essentiel de sa production. C’est dire leur familiarité avec une musique faite d’autant de spiritualité que de notes.
Ton Koopman aborde le Kyrie dans un tempo calme, sans presser, mais plein de conviction et sans cesse en mouvement. Le phrasé des cordes, celui des bois (flûtes et hautbois) est une préoccupation constante des interprètes.
L’intervention des trompettes, aux sonorités particulièrement raffinées, et des timbales dans le Gloria éclaire la scène sonore. Les guirlandes du violon solo, mêlées à la voix de soprano dans le Laudamus Te, impeccablement dessinées et phrasées, les interventions royales du cor solo dans l’air de basse du Quoniam tu solus sanctus placent très haut la barre de la qualité instrumentale de l’ensemble hollandais.
La jubilation éclate aussi bien dans le Cum Sancto Spiritu du Gloria que dans le Et resurrexit, du Credo, véritable explosion de bonheur après la plainte poignante du Crucifixus. Ton Koopman sait comme personne ménager ce type de contraste expressif.
Jusqu’au final cosmique Dona nobis pacem, ouvrant le ciel à la félicité, le chœur réalise d’absolues merveilles. La beauté des voix, leur précision, la justesse absolue et, surtout peut-être, leur immense pouvoir expressif constituent les piliers de cette splendide exécution.
Les solistes vocaux, la soprano Marieke Steenhoek, l’alto Iestyn Davies, le ténor Jörg Dürmüller et la basse Klaus Mertens rehaussent encore la qualité de l’interprétation. Une mention spéciale doit être accordée, au jeune contre-ténor Iestyn Davies pour la beauté et l’aisance de sa voix et l’émotion qu’il suscite dans ses deux airs, dont un Agnus Dei « du bon Dieu ».
Le final, en forme de montée vers la lumière, comble l’auditeur.
Serge Chauzy
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Renseignements et locations :
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