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Concerts/ Grands Interprètes / Tonhalle Orchester Zürich, Lionel Bringuier, direction, Yuja Wang, piano - 2 mars 2015
     

CRITIQUE

Flamboyante jeunesse musicale

Les jeunes musiciens de grand talent occupent décidemment une place de choix dans la présente saison des Grands Interprètes. Après le splendide duo Gabetta-Chamayou de la semaine précédente, voici que deux très jeunes talents de notre temps accompagnent la première apparition à Toulouse de l’Orchestre de la Tonhalle de Zürich, la plus ancienne des phalanges symphoniques de Suisse. La collaboration avec le vénérable orchestre de son nouveau directeur musical de vingt-huit ans, le Français Lionel Bringuier, et de la pianiste chinoise du même âge, Yuja Wang, non seulement fonctionne à merveille, mais produit un vrai bouquet d’étincelles.

Rachmaninoff, Stravinski et Ravel composent le menu appétissant de cette soirée du 2 mars soutenue par le Conseil Général de la Haute-Garonne et offerte à un public nombreux et enthousiaste.



La pianiste chinoise Yuja Wang et le Tonhalle-Orchester Zürich
- Photo Classictoulouse -

Fine comme une liane, énergique en diable, dotée d’une forte personnalité, Yuja Wang « s’attaque » à la mythique partition du 3ème concerto de Rachmaninoff. Elle y déploie un jeu parfaitement maîtrisé et d’une étonnante limpidité. Peu de pédale, toucher nerveux, au bon sens du terme, sa sonorité flamboie de la première à la dernière note. Sa conception de l’œuvre fuit tout alanguissement, toute complaisance. Son introduction presque timide n’est que le prélude à un déchaînement d’énergie qui éblouit par sa résistance inattendue. Tout le premier mouvement oscille ainsi entre rêve dépressif et bouffées d’adrénaline. La longue cadence qui interrompt le riche commentaire orchestral coupe le souffle. Lorsqu’on croit que Yuja Wang a atteint le summum de l’exaltation, elle franchit encore une nouvelle limite ! Le contraste n’en est que plus prononcé avec la conclusion du mouvement qui s’éteint progressivement dans le silence. Il est encore question de contrastes dans l’Intermezzo-Adagio, dont les nuances de dynamique de la pianiste soulignent encore les ruptures. Dans le mouvement final, la fusion entre la soliste et l’orchestre atteint son point idéal. Sous la direction à la fois précise et chaleureuse de Lionel Bringuier, la phalange suisse avance avec détermination, soulevant des vagues de cette nostalgie toujours intensément présente chez Rachmaninoff.



Lionel Bringuier et le Tonhalle-Orchester Zürich à l'issue du concert
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Photo Classictoulouse -

Longuement ovationnée, Yuja Wang offre deux rappels diamétralement opposés. Les Variations sur Carmen, cette folle partition imaginée par Vladimir Horowitz, mettent le feu à la Halle aux Grains. Le calme ne revient qu’après les magiques incantations du Ballet des Ombres Heureuses extrait de l’opéra Orphée et Eurydice, de Gluck, dans l’arrangement pour piano de Giovanni Sgambati.
La suite de 1919 du ballet L’Oiseau de Feu, d’Igor Stravinski, qui ouvre la seconde partie, met en évidence les qualités de couleurs et de timbres du Tonhalle-Orchester. Le lent crescendo initial, tout empreint de menaces, la virtuosité de la Variation de l’Oiseau conduisent à l’explosion de la Danse infernale de Kastchei. La magie de la transition entre la Berceuse et le dernier volet de l’œuvre, un pianissimo orchestral à la limite du silence, doit beaucoup à la maîtrise absolue du chef sur sa phalange. Un grand bravo au subtil solo de cor qui ouvre le long crescendo final, jusqu’à l’impressionnant flamboiement de l’apothéose conclusive.
Enfin, le poème chorégraphique de Ravel, La Valse, complète le brillant panorama de cette soirée. Lionel Bringuier confère à cette partition emblématique un caractère en perpétuelle évolution. Inquiétante d’abord, enjôleuse ensuite, cette illustration du rythme à trois temps s’achève sur un vertige généralisé. Là encore, le succès est tel que le chef revient devant son orchestre offrir deux bis au public sous le charme. A la Danse slave op. 46 n° 8 de Dvořák succède une Farandole endiablée extraite de L’Arlésienne de Bizet. Une conclusion qui enflamme encore l’enthousiasme du public.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 4 mars 2015

 

infos
 

 

Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 
 

Programme du concert donné le 2 mars 2015 à
20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* S. Rachmaninoff

- Concerto n° 3 pour piano et orchestre, en ré mineur, opus 30

* I. Stravinski

- L'Oiseau de feu

* M. Ravel
- La Valse, poème chorégraphique pour orchestre

 

 

 
 

 

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