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Concerts/
Grands Interprètes /
Mahler Chamber Orchestra - Tugan Sokhiev, Nicholas Angelich - 11/02/2011 |
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CRITIQUE
Beethoven électrique !
Tugan Sokhiev à Toulouse, à la tête d’une autre formation que son Orchestre national du Capitole, voilà qui constitue un événement exceptionnel et passionnant. La formation en question n’était autre que le Mahler Chamber Orchestra (MCO pour les intimes), invité le 11 février dernier dans le cadre de la saison des Grands Interprètes.
Le MCO réunit dans une même ferveur musicale une quarantaine d’instrumentistes issus d’une vingtaine de nationalités, de l’Allemagne aux Etats-Unis, en passant notamment par l’Italie, la Turquie ou encore la Corée du Sud. A l’évidence, le courant passe entre le jeune chef ossète, toulousain d’adoption, et les musiciens (tout aussi jeunes) de cette phalange dynamique. Intégralement consacré à Beethoven, leur concert toulousain recevait également la participation soliste du plus français des pianistes américains, Nicholas Angelich. |

Le Mahler Chamber Orchestra dirigé par Tugan Sokhiev (Photo Classictoulouse) |
On remarque tout d’abord une disposition « à l’ancienne » des instruments à cordes. Ainsi les contrebasses occupent la gauche du podium, derrière les premiers violons, alors que les seconds violons sont disposés à la droite du chef. Le style de jeu tire également les leçons de l’évolution historique initiée par les « baroqueux » : vibrato économe des cordes, participation des trompettes naturelles (sans piston), mailloches de bois pour les timbales. Tout cela contribue à forger une sonorité plus analytique, rééquilibre les sonorités vers les vents (finie la permanence d’une moquette des cordes), confère à l’ensemble un relief particulier, une étonnante richesse des couleurs instrumentales. En outre, la direction de Tugan Sokhiev attise le feu du message beethovénien.
L’ouverture Coriolan, qui ouvre la soirée, y gagne une force expressive, une vitalité de tous les instants, une urgence qui tient l’auditeur en haleine. Le drame illustré par Beethoven se nourrit de judicieux contrastes de phrasés. Les accents appuyés des premières mesures soulignent ainsi le lyrisme émouvant du second motif qui ferait pleurer les pierres.
Avec la symphonie n° 7 en la majeur, les interprètes célèbrent la fête du rythme. On retient sa respiration lors de la stratégique transition entre le Poco sostenuto de l’introduction et le Vivace que Tugan Sokhiev ménage dans le premier mouvement. Le mythique Allegretto, pris dans le vrai tempo noté par Beethoven, avance avec une sensibilité qui s’épanouit dans la lumière des cordes. Dans les troisième et quatrième volets, les tempi s’envolent. Les contrastes entre le Presto et l’Assai meno presto, dans le troisième mouvement, renforcent encore l’impression d’une irrésistible course poursuite. Le final donne le vertige ! Sans jamais s’essouffler, il conduit vers le crescendo conclusif dans une débauche dionysiaque. |
Tugan Sokhiev et Nicholas Angelich à l'issue de l'exécution du concerto "L'Empereur",
de Beethoven
(Photo Classictoulouse) |
Entre ces deux pages symphoniques, Nicholas Angelich impose son impressionnante vision du cinquième et dernier des concertos pour piano conçus par Beethoven. L’entrée flamboyante du soliste met la barre tout là-haut. Les multiples dialogues qui s’établissent entre le piano et les vents enrichissent le discours. Après les échanges contrastés de l’Allegro initial, d’une vigueur « impériale » bien en situation, la profonde méditation de l’Adagio emporte l’esprit ailleurs. Les phrasés du piano conservent une belle rigueur soutenue par un émouvant commentaire orchestral. La transition vers le final retient la respiration de chaque auditeur. Comme hésitant, piano et orchestre en arrivent à se défier pour enfin faire éclater la jubilation de ce dernier volet. Les derniers accents explosent comme un feu d’artifice.
Le succès est tel que Nicholas Angelich doit revenir à deux reprises à son piano. La première des « Kinderszenen » (Scènes d’enfants), de Schumann, et une tendre Mazurka de Chopin concluent sa participation dans un retour vers l’intimisme.
L’orchestre est lui aussi plébiscité pour un bis que Tugan Sokhiev dirige avec flamboyance. L’ouverture des Noces de Figaro, de Mozart, prise dans un tempo hallucinant, met à regret un terme à cette soirée « électrique ».
Serge Chauzy |
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infos |
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Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000
Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00. |
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Programme du concert du 11 février 2011 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse
* L. van Beethoven
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Ouverture en ut mineur , opus 62, de Coriolan
- Concerto n° 5 pour piano et orchestre en mi bémol majeur, « L’Empereur », opus 73
- Symphonie n° 7 en la majeur, opus 92
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Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
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