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Concerts/
Grands Interprètes /
Ensemble Matheus - J.-C. Spinosi
"Il Barbiere di Siviglia " - 19/05/2010 |
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CRITIQUE
Un "Barbier" qui décoiffe
L’avant-dernier concert de la saison des Grands Interprètes recevait, le 18 mai dernier à la Halle aux Grains, l’ensemble Matheus et son directeur musical Jean-Christophe Spinosi pour une exécution, dite de concert, du célébrissime opéra « Le Barbier de Séville » de Rossini.
Paradoxalement, la qualité première de cette version de concert est d’ordre théâtral ! En l’absence de décor, l’organisateur (par ailleurs anonyme !) de cette « représentation » organise une véritable mise en scène qui va au-delà des habituelles « mises en espace ». Les costumes ne sont pas neutres, tout au moins pour certains personnages, les chanteurs jouent effectivement leur rôle, se déplacent parmi les musiciens, les prennent à témoin, intègrent le chef d’orchestre à leurs aventures, envahissent toute la Halle aux Grains, interpellent les spectateurs, s’adressent directement à tel ou telle. Bref, le rapport scène-salle est aboli. Il se dégage ainsi une vision nettement actualisée du chef-d’œuvre associant la dramaturgie de Beaumarchais et la pétillante musique de Rossini. |

L'Ensemble Matheus, autour de son fondateur Jean-Christophe Spinosi |
Figaro devient une sorte de loubard de cité, baggy et survêt à capuche, pourquoi pas un peu dealer sur les bords… Berta, en technicienne de surface bien à l’ouest, ne cache pas son attirance pour les effluves vénéneux des produits d’entretien. Le barbon Bartolo, veste d’intérieur et cravate, ainsi que les autres personnages conservent un costume neutre et actuel, alors que Rosine est la seule à arborer une véritable tenue de soirée, robe écarlate à paillettes.
Les musiciens et leur directeur ne sont pas en reste. Légèrement négligés au cours de la première partie, ils apparaissent carrément déjantés à la reprise, alors que fleurissent couvre-chefs et t-shirts fantaisistes. Jean-Christophe Spinosi lui-même, en chemisette et jeans délavé, arbore un front ceint du bandeau corse ! L’action qui en découle explicite avec panache l’intrigue pétulante de la comédie.
L’ensemble Matheus, dirigé comme toujours par un Jean-Christophe Spinosi survolté, délivre une sonorité inhabituelle mais bien épicée du chef-d’œuvre de Rossini. Les vents n’ont pas de mal à se dégager du tutti des cordes moins présent que dans les phalanges modernes, en général plus fournies. Après une ouverture un peu en retrait, l’action prime et la vitalité ne cesse d’animer une partition revisitée. Une vitalité qui parfois, dans les ensembles, masque un peu trop les voix solistes.
Chacun des chanteurs-acteurs incarne avec conviction son personnage. Certes il ne s’agit pas là d’une apothéose du chant traditionnel rossinien. Marina De Liso, en dépit d’un vibrato un peu présent, est une Rosine de charme. L’Almaviva de Thomas Walker supplée son timbre peu homogène par une virtuosité musicale et un sens aigu du phrasé. Nigel Smith, s’il peine à vocaliser la partition de Figaro, incarne physiquement un personnage coloré et sympathique, alors que Luigi De Donato est un Basile plein de duplicité. Si Gwénaëlle Chouquet (Berta) et Alec Avédissian (Fiorello) ne manquent ni de présence ni de conviction dans leur personnage respectif, il faut saluer la performance d’Alfonso Antoniozzi, dont le chant parfaitement « syllabique » rend toute justice au rôle et à la partition de Bartolo.
Le chœur de chambre « les éléments » y accomplit une fois de plus une belle performance dramatique et musicale.
Serge Chauzy |
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infos |
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Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000
Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00. |
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Programme du concert du 19 mai 2010 à 20 h à la Halle-aux-Grains de Toulouse :
* G. Rossini
- "Il Barbiere di Siviglia"
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