www.classicToulouse.com
ARCHIVES
 
 

 

Concerts/ Grands Interprètes / Orchestre National de France,
dir. Kurt Masur - 26/06/09
     

CRITIQUE

Les leçons d’un sage

Au flamboyant crépuscule de sa carrière, le grand chef allemand Kurt Masur prolonge sa rencontre musicale avec l’Orchestre National de France dont il a assuré la direction musicale de 2002 à 2008. A la tête de cette belle phalange, il était l’invité des Grands Interprètes, le 26 juin dernier à la Halle-aux-Grains de Toulouse, dans un programme consacré à Beethoven.


Le chef d'orchestre Kurt Masur acclamé par le public et ses musiciens à l'issue de son concert toulousain

La patte du grand chef se retrouve dans la projection sonore acquise par l’orchestre français. L’homogénéité des timbres de l’ensemble n’occulte en rien la spécificité des différents pupitres ni la transparence de toute la structure. Rien de massif, d’excessivement « germanique » au sens parfois péjoratif que l’on donne à ce qualificatif. L’autorité bienveillante du chef obtient des musiciens la précision rythmique, le dosage instrumental idéal de la polyphonie beethovénienne. On remarque l’excellence de quelques uns des solistes, notamment des pupitres de vent, avec en particulier la formidable hautboïste solo. Ses somptueuses interventions lui attirent d’ailleurs un véritable triomphe personnel.
Deux des symphonies les plus idiomatiques du grand compositeur se partageaient la soirée qui s’ouvrait sur la « Pastorale », cette 6ème panthéiste qui distille le message hédoniste d’un amoureux de la nature. Kurt Masur la dirige comme un rêve paisible, rythmé d’une respiration qu’animent de subtils crescendos et decrescendos. Gaieté sereine, grâce légère caractérisent l’allegro initial. L’andante de la « Scène au bord du ruisseau » bénéficie de l’ineffable beauté des cordes « con sordina », alors que l’allegro « paysan » ne se départit pas d’une certaine lourdeur terrienne. Le déclenchement de l’orage, son déferlement mesuré mais contrasté s’enchaînent sur l’heureuse ferveur de l’action de grâce finale. Comme une image idyllique du bonheur en musique.
Tout autrement résonnent les accents de la 3ème symphonie dite « Héroïque » qui lui succède. Plus acérée, la direction de Kurt Masur élève ici le débat musical au plus haut niveau. Le portique initial tire sa vitalité d’un sens aigu de l’accentuation de chaque phrase. Jusqu’à la construction implacable du final à variations, de la légèreté initiale à l’apothéose conclusive, l’auditeur est maintenu en haleine. Mais le sommet de l’exécution réside dans ce sublime monument que constitue la « Marcia funebre », dans laquelle Kurt Masur sollicite judicieusement les chaleureuses ou inquiétantes interventions des pupitres graves, et surtout des contrebasses. Le chef nourrit cette bouleversante marche funèbre d’une tension croissante, irrésistible, qui se résout enfin dans la fugue élevée au rang de l’universalité d’un message spirituel. Du grand art que probablement seule une familiarité de plusieurs décennies avec ce répertoire permet d’atteindre.
Le bonheur du public rejoint celui des musiciens définitivement conquis par l’aura de leur chef, acclamé des deux côtés de l’estrade.

Serge Chauzy

 

infos
 

 

Renseignements et locations pour les prochains concerts :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 
 

Programme du concert du 25 juini 2009 à 20 h 30 à la Halle-aux-Grains

* L. v. Beethoven
- Symphonie n° 6
"Pastorale"
- Symphonie n° 3
"Héroïque"

 

Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines

 
2009-2010

 


 
 
 
 
 
Toulouse les Orgues
Intégrale Bach
 
Ensemble Baroque
de Toulouse
Cantates sans filet
 
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index