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Concerts/ Grands Interprètes / Staatskapelle Dresden,
Myung-Whun Chung, Lars Vogt - 27/05/2008
     

CRITIQUE

Les feux de l’orchestre

La Staaskapelle de Dresde ne porte pas son âge. 460 ans après sa fondation, la phalange allemande manifeste une impressionnante vitalité, déploie un relief sonore d’une aveuglante intensité. Sous la direction de Myung-Whun Chung, l’orchestre était en visite à la Halle-aux-Grains de Toulouse le 27 mai dernier dans la cadre de la saison des Grands Interprètes.


Le grand chef d'orchestre coréen Myung-Whun Chung

En ouverture de son programme, Myung-Whun Chung avait tenu à rendre hommage à Olivier Messiaen, un compositeur qu’il a côtoyé et pour lequel il éprouve une admiration sans borne. Avec « Les Offrandes oubliées », il s’agissait de célébrer le centenaire de la naissance de ce grand mystique avec sa première grande œuvre orchestrale. L’éblouissement coloré de ce visionnaire irrigue les trois volets de ce manifeste de foi profonde. Le chef coréen joue avec art de la lumière qui émane des splendides violons de la Staatskapelle. La plainte initiale de « La Croix » s’élance douloureusement jusqu’à l’éclatement frénétique du mouvement central « Le Péché », alors que « L’Eucharistie » apporte l’apaisement suprême, d’une intense douceur. Une douceur qui se fond dans un silence immaculé.


Le pianiste allemand Lars Vogt, interprète sensible du concerto
n° 20 de Mozart
(Photo Anthony Parmelee)
 

Le reste du programme illustre le grand répertoire de l’orchestre, SA musique. Le concerto en ré mineur, le n° 20, de Mozart représente une sorte de prémonition du monde de Beethoven. Le soliste, le très talentueux pianiste allemand Lars Vogt, confirme ici la maturité et l’extrême sensibilité de son talent. Pianiste poète, il aborde ce concerto sans excès de romantisme, mais avec émotion. Son entrée en scène est précédée en cela par une vaste introduction orchestrale à la fois incisive et dramatique. Le dialogue contrasté de la Romance centrale débouche sur une introduction douloureuse du Rondo final qui se libère enfin dans la fluidité du jeu du soliste. Signalons que Lars Vogt invente sa propre cadence de l’Allegro initial, une cadence imaginative et nourrie de riches modulations. Un nocturne de rêve, signé Chopin, est offert en bis par cet artiste attachant.

Une flamboyante exécution de la 5ème symphonie de Beethoven complète le programme. Myung-Whun Chung choisit pour l’allegro con brio initial un tempo de fureur, dirige le second volet comme le véritable andante qu’il est (et n’en fait pas un adagio), élabore enfin un impressionnant crescendo pour les deux derniers mouvements. Deux grands moments de profonde émotion balisent cette interprétation : le fameux solo de hautbois du premier mouvement, comme une prière dans la tempête, et l’introduction du final, exaltante, irrésistible montée vers la lumière. La Staatskapelle répond avec vigueur à chaque sollicitation du chef et dispense une sonorité d’une prodigieuse clarté.
Un bis de luxe, l’ouverture du Freischütz, de Weber, conclut la soirée sur la plus exaltante, la plus profondément lyrique des interprétations. L’orchestre met véritablement le feu à la Halle-aux-Grains.

Serge Chauzy

 

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Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 
Programme du concert

* O. Messiaen
- Les Offrandes oubliées

* W. A. Mozart
- Concerto pour piano et
orchestre n° 20

* L. V. Beethoven
- Symphonie n° 5
 
 
Consulter l'entretien accordé par Myung-Whun Chung à Classic Toulouse
 

 

 

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