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Concerts/
Grands Interprètes /
P. Boulez, Ensemble Intercontemporain
13/03/2008 |
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CRITIQUE
Le miroir de l’ombre double
Deux œuvres seulement étaient inscrites au programme du concert Grands Interprètes de l’ensemble Intercontemporain du 13 mars dernier. Ou plutôt deux chefs-d’œuvre. |
Pierre Boulez, compositeur et chef d'orchestre |
Pierre Boulez avait choisi de confronter Alban Berg (une constante de sa direction) à… Wolfgang Amadeus Mozart. Un choix a priori étrange que l’expérience du concert justifie pleinement. Boulez dirigeant Mozart, cela ressemble à une gageure. Et pourtant, du temps des concerts du Domaine Musical créés par le compositeur du « Marteau sans Maître », concerts et enregistrements avait réunis le piano d’Yvonne Loriot (l’épouse d’Olivier Messiaen) et la direction de Pierre Boulez dans une quasi-intégrale des concertos de Mozart. Plus récemment il dirigea la Philharmonie de Berlin pour accompagner Maria João Pires dans le KV 466. |
La pianiste japonaise Mitsuko Uchida |
Pour l’ouverture du concert toulousain, les vents de l’Ensemble Intercontemporain s’appropriaient la plus développée des sérénades composées par Mozart, sa « Gran Partita ». Une vaste discussion musicale entre amis qui échangent, s’affrontent, compatissent. Polie comme un diamant, l’exécution que dirige Pierre Boulez souligne la richesse d’un rythme toujours subtil et changeant, d’une association de timbres d’une fabuleuse imagination. Les tempi soutenus s’organisent dans la rigueur mais sans affecter l’apparente liberté de ton. Le « Tema con variazoni » ruisselle de beautés avant un final éblouissant comme un triomphe. |
Le violoniste allemand Christian Tetzlaff (@ Ruth Fremson-The New York Times) |
Le concerto de chambre d’Alban Berg, joué en miroir d’ombre, associait le piano de Mitsuko Uchida et le violon de Christian Tetzlaff aux 13 instruments à vent de l’ensemble. Cette œuvre radicale, aboutissement strict de la technique dodécaphonique, cryptée autour de nombres fétiches comme le chiffre trois, possède pourtant un étrange pouvoir de fascination. Les interventions séparées puis réunies des instruments solistes introduisent, comme à l’insu du compositeur lui-même, de puissants ressorts dramatiques. Pierre Boulez et son ensemble maîtrisent totalement cette partition qu’ils portent à une sorte de froide incandescence. Christian Tetzlaff oppose avec subtilité la force et la fragilité de ses interventions. Mitsuko Uchida anime sa partie soliste comme hallucinée, jouant sur les contrastes de rythme et les couleurs d’une prodigieuse richesse harmonique. La profonde résonance de son piano prolonge jusqu’à l’infini le dernier accord du violon…
Paraphrasant la « Sinfonia » de Luciano Berio, on ne peut s’empêcher de dire « Thank you, Mister Boulez » !
Serge Chauzy
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infos |
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Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000
Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00. |
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Programme du concert
* W. A. Mozart
- Sérénade "Gran Partita"
* A. Berg
- Concerto de chambre pour piano, violon et 13
instruments à vent |
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