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Concerts/ Grands Interprètes - Martha et Nelson (13/05/2006) 
     
Nelson Freire et Martha Argerich, deux artistes d'exception.
     

Grands Interprètes

Duo au sommet

Martha Argerich vient d'Argentine, Nelson Freire du Brésil. Leur complicité, qui date de leur prime jeunesse, procède d'une extraordinaire alchimie musicale autant qu'affective. Sans abandonner leur personnalité propre, ces deux pianistes d'exception mêlent leurs talents individuels de la manière la plus éblouissante qui soit.

Au cours de leur récital toulousain du 13 mai dernier, Martha et Nelson insufflaient une énergie incandescente à un florilège d'ouvres à deux pianos ou à quatre mains d'une diversité réjouissante. Ainsi abordées, les fameuses « Variations sur un thème de Haydn », de Johannes Brahms, dans la version pour deux pianos, coulent comme un fleuve plein et dense. Chaque volet s'intègre à l'ensemble tout en ménageant des contrastes de rythmes et de couleurs qui font de l'ouvre un voyage riche en événements.

Les sonorités de cloche parcourent la suite n° 2 pour deux pianos de Rachmaninov dont les interprètes soulignent l'essentielle fluidité. Flux et reflux enrichissent un discours toujours très soutenu.

Tout autre est l'atmosphère des variations pour deux pianos, que le compositeur polonais Witold Lutoslawski écrivit en 1941 sur le plus fameux des thèmes de Paganini. Ironie, clins d'oil, pirouettes alimentent la complicité des deux interprètes, affûtés et virtuoses.

Avec Schubert, la grâce musicale du chant, la simplicité du dialogue revient au premier plan. Une douce lumière émane des quatre mains des interprètes, cette fois posées sur le même clavier pour interpréter l'émouvant Rondo en la majeur. Un moment hors du temps.

Enfin, la version pour deux pianos de « La Valse » de Ravel qui conclut le programme entraîne l'auditeur dans un tourbillon vertigineux d'une sauvagerie proprement magique. Outre la perfection technique d'une exécution magistrale, on est ébloui devant cette inexorable progression de l'ombre vers la lumière, de l'immobilité vers l'apocalypse. Martha Argerich et Nelson Freire signent là une interprétation qui fait date.

Trois bis (Mozart-Grieg, Rachmaninov et Guastavino) ne sont pas de trop pour répondre à l'ovation debout d'un public enthousiaste.

 

Serge Chauzy

 

 

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