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Concerts/ Orchestre du Capitole/ Aadland - Ehnes (20/10/2006)
     

Le chef d'orchestre norvégien
Eivind Aadland (Photo G T Nergaard)
 

Orchestre du Capitole

La technique et la flamme

Le chef néerlandais Jaap van Zweden, souffrant, n’a pu assurer la direction du concert du 20 octobre de l’Orchestre du Capitole. Le chef norvégien Eivind Aadland a bien voulu le remplacer dans un programme inchangé et faire, à cette occasion, ses débuts à Toulouse.

Des débuts qui méritent reconnaissance et respect. D’autant plus que cet élève du célèbre pédagogue finlandais Jorma Panula a rapidement su prendre la mesure des caractéristiques spécifiques de notre orchestre, de ses couleurs, de sa dynamique.


Dans la première partie, consacrée au concerto pour violon et orchestre de Beethoven, le jeune violoniste canadien James Ehnes faisait également ses débuts à Toulouse. L’absolue perfection technique, la sonorité soyeuse d’une parfaite homogénéité du grave à l’extrême aigu impressionnent dès l’entrée du soliste. Cet artiste, au jeu angélique et serein, charme par la candeur de son approche beethovénienne. Il manque pourtant à son interprétation, d’un classicisme marmoréen, la chair et le sang. Paradoxalement, l’humanité émouvante refait surface dans les deux principales cadences confiées au soliste qui a choisi ici les versions savantes et fortes du grand Fritz Kreisler.

Les deux bis qu’il offre généreusement au public (le célébrissime prélude de la 3ème suite de Johann Sebastian Bach et un caprice de Paganini) confirment son approche musicale pleine de retenue.

A l’unisson avec le soliste dans le concerto, l’orchestre et son chef invité retrouvent une flamme généreuse et embrasent leur exécution du Concerto pour Orchestre de Bela Bartok. Partition flamboyante s’il en est, elle met à l’épreuve chaque pupitre, chaque instrumentiste qui brille ici de tous ses feux. Il faudrait nommer tous les chefs de pupitre, de François Laurent à la flûte, jusqu’à Jean-Loup Vergne aux timbales et dire à quel point leurs talents fait chaud au coeur. Couleurs éclaboussées, rythmique subtile et précise, dynamique jubilatoire trouvent leur expression juste tout au long des cinq mouvements de cette grande partition. Un grand bravo pour son intervention aussi impromptue qu’efficace au maître d’oeuvre de cette fête sonore et musicale, Eivind Aadland.

Dommage qu’un incroyable concert de toux rebelles et indécentes ait ponctué cette belle soirée musicale. A quand la distribution de mouchoirs et de pastilles adoucissantes ?..

Serge Chauzy

 

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