ARCHIVES |
| |
| |
.jpg) |
|
Concerts/
Les Clefs de Saint-Pierre / "Un soir chez Brahms" - 18/10/2010 |
| |
|
|
CRITIQUE
Brahms en feu !
L’association des Clefs de Saint-Pierre consacrait le concert d’ouverture de sa 11ème saison de musique de chambre, le 18 octobre dernier, à deux pépites de la production brahmsienne, le quintette à cordes en sol majeur op. 111 et le quintette pour piano et cordes en fa mineur op. 34. En ouverture de soirée, la présidente de l’association, Josée Simonetta, annonce la nouvelle participation à ces concerts conviviaux de quelques jeunes musiciens récemment recrutés au sein de l’Orchestre National du Capitole, vivier de tous les participants à ces programmes. Ces nouvelles arrivées témoignent de l’attractivité que revêt cette belle série, pour les mélomanes comme pour les interprètes. |
De gauche à droite : les violonistes Eugen Tichindeleanu et David Benetah, le violoncelliste Vincent Pouchet et les altistes Bruno Dubarry et Cyrile Robert jouent le quintette à cordes op. 111 de Brahms
(Photo Classictoulouse)
|
Parmi ces nouvelles recrues, les violonistes Eugen Tichindeleanu et David Benetah font une apparition remarquée lors de ce concert d’ouverture. Ils rejoignent les altistes Bruno Dubarry et Cyrile Robert, ainsi que le violoncelliste Vincent Pouchet, pour s’investir totalement dans une exécution véritablement flamboyante du quintette pour cordes op. 111 de Brahms. Cette œuvre, qui occupe une place importante parmi les derniers opus de musique chambre du compositeur, réserve de formidables interventions solistes à tous les instruments, et en particulier au premier alto et au violoncelle. L’héroïque premier thème de l’Allegro ma non troppo initial est de ceux qui déplacent les montagnes. Les interprètes se lancent dans le feu de cette action avec une générosité, un lyrisme, une vigueur admirables. Quelle beauté dans les interventions profondes et valeureuses du violoncelle ! C’est ensuite au premier alto que reviennent les solos les plus hardis de l’Adagio tout imprégné d’une nostalgie dépressive. Une belle réussite de la part de Cyrile Robert dont l’ampleur sonore impressionne. Alors que cette nostalgie se prolonge dans la fébrilité du 3ème mouvement, l’éblouissant final met le feu ! Le jeu intense et lumineux d’Eugen Tichindeleanu entraîne ses camarades dans une sorte de fougue chorégraphique non exempte de ce parfum tsigane qu’affectionne souvent Brahms dans ses finals. On retient sa respiration jusqu’à la coda finale.
|

Le pianiste et compositeur Thierry Huillet associé aux cordes pour l'exécution du quintette pour piano et cordes op. 34 de Brahms (Photo Classictoulouse) |
Rejoints par le pianiste (et compositeur de grand talent) Thierry Huillet, quatre de ces compères (exit Cyrile Robert que l’on espère revoir bientôt dans ces soirées) se lancent dans cet autre chef-d’œuvre, le quintette avec piano op. 34 du jeune Brahms, cette partition à la genèse si tortueuse et qui connut de multiples métamorphoses avant d’être publiée sous sa forme définitive. Passée la question posée par l’introduction lente, le plus brûlant lyrisme explose entre le piano et les cordes. Thierry Huillet impose avec majesté les nobles phrases incitatrices du piano, comme pour défier les cordes qui n’en demandent pas tant. C’est plus qu’un dialogue qui s’instaure alors, c’est une communion musicale, dense et forte. Après le relatif repos de l’Andante, hanté de songes furtifs, ponctué des profonds pizzicati du violoncelle, le Scherzo alterne les épisodes inquiétants et les obsessions rythmiques en forme de chevauchées. Le piano mène le bal avec l’impact d’une percussion implacable. Le final multiplie les climats opposés comme les thèmes différents. La course finale débouche sur une joie éclatante, équitablement partagée entre le piano et les cordes. Le bonheur de jouer, le bonheur d’écouter se renforcent mutuellement. Le public réclame un bis que les musiciens offrent généreusement : la fin du scherzo du précédent quintette retrouve la même irrésistible vigueur. Bravo !
Serge Chauzy |
|
|
infos |
| |
|
| |
Programme du concert
du 18 octobre 2010 à 20 h à l'auditorium Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse :
* J. Brahms
- Quintette à cordes, en sol majeur opus 111
- Quintette pour piano et cordes, en fa mineur opus 34
|
|
Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
|
|
| |
2010-2011 |
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|