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Concerts/ Les Clefs de Saint-Pierre / Cordes et âmes - 02/02/09
     
CRITIQUE

L’âme des cordes

La soirée de musique de chambre des Clefs de Saint-Pierre du 2 février dernier célébrait, en quelque sorte, l’histoire du quatuor à cordes. De Haydn à Chostakovitch, en passant par Schubert, les interprètes exploraient le domaine le plus secret, le plus exigeant de la création musicale.

Les quatre musiciennes de « Cordes et âmes »

Les artistes, comme toujours pour ces manifestations, appartiennent à l’Orchestre du Capitole. Les quatre musiciennes des pupitres de cordes, Charlotte Lederlin et Mary Randles, violons, Isabelle Mension, alto et Blandine Boyer-Terrieux, violoncelle ont décidé d’associer leurs talents et de constituer un quatuor baptisé du beau nom de « Cordes et âmes ». C’est bien d’un nouvel ensemble instrumental qu’il s’agit, et non d’une simple réunion de quatre artistes, comme cela se produit parfois, même avec les plus grands. Une parfaite cohésion, un admirable équilibre sonore, une grande précision rythmique caractérisent le jeu de cet ensemble aux timbres riches, charnus et toujours bien charpenté.
Avec le fameux quatuor « Les Quintes » de Joseph Haydn, « Cordes et âmes » explore l’origine du genre. Les interprètes confèrent à l’Allegro initial comme au Finale vivace assai cette agitation très « Sturm und Drang », presque dramatique, qui enserre un Andante calme et serein et un Menuetto soutenu, appuyé comme une sorte de caricature dansée. Voici une exécution solide et comme bien ancrée dans le terroir viennois.
On ne quitte pas la capitale autrichienne avec l’émouvant 13ème quatuor, « Rosamunde », de Schubert. D’autant moins que les musiciennes pratiquent avec art le fameux accent viennois, l’accent après la note, cher jadis à un Bruno Walter expert en la matière. Ici aussi les mouvements extrêmes se renvoient en miroir une même atmosphère très « Winterreise », ce « Voyage d’hiver » intérieur et tragique. Les musiciennes déploient la douloureuse nostalgie du thème initial comme on ouvre un rideau, traduisent merveilleusement la vision fantomatique du Menuetto, si éloigné du simple divertissement dansé. L’émotion reste palpable.
Le changement de climat éclate en silence avec le quatuor n° 8 de Chostakovitch inspiré au compositeur par le désastre de Dresde à la suite de la deuxième guerre mondiale. Les interprètes assument complètement la noirceur tragique du propos. Bouleversant témoignage qui serre la gorge et tire les larmes. L’obsession du thème signature de Chostakovitch (ré-mi bémol-ut-si bécarre) parcourt toute l’œuvre secouée de révoltes, de cruauté et de recueillements, dans laquelle Chostakovitch a enfoui ses angoisses et ses colères. Un grand bravo aux quatre valeureuses musiciennes qui nous livrent là une interprétation forte et intense déjà gravée dans les mémoires.

Serge Chauzy

 

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Renseignements et réservations au:


06 63 36 02 86.

Email : internotes.toulouse
@gmail.com
 
 

Programme du concert :

* J. Haydn
- Quatuor "Les quintes"
op. 76 n° 2 en ré mineur

* F. Schubert
- Quatuor "Rosamunde"
n° 13 en la mineur D 804

* D. Chostakovitch
- Quatuor n° 8 op. 110
en ut mineur

 

 

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