|
|
Concerts/
Les Clefs de Saint-Pierre / Une Sérénade (03/12/2007) |
| |
|
|

Florence Fourcassié, flûte, Edwige Farenc, violon, Bruno Dubarry, alto et Sarah Iancu, violoncelle, dans le quatuor pour flûte et cordes de Mozart |
CRITIQUE
Le charme de la sérénade
Trois œuvres de jeunesse des compositeurs les plus célébrés de la musique constituaient le programme du concert des Clefs de Saint-Pierre du 3 décembre dernier. Mozart et Beethoven étaient servis avec ferveur par la flûtiste Florence Fourcassié, la violoniste Edwige Farenc, l’altiste Bruno Dubarry et la violoncelliste Sarah Iancu.
On imagine difficilement que Mozart, disparu à 35 ans, ai pu produire autre chose que des œuvres de jeunesse. Néanmoins, il n’a que 21 ans lorsqu’il compose le quatuor pour flûte et cordes et ré majeur qui ouvre le concert. Devant l’écriture virtuose, légère, imaginative de ce divertissement on a du mal à croire qu’Amadeus n’aimait pas la flûte, comme il l’a prétendu. Il lui réserve pourtant un traitement de faveur aux côtés d’un trio à cordes plein de vitalité. Les musiciens s’investissent immédiatement dans ce jeu vif et déclamatoire. Un adagio de rêve, nourri de subtiles nuances de la flûte, ouvre la voie au final éblouissant de lumière et de joie.
La Sérénade pour flûte, violon et alto est l’œuvre d’un Beethoven de 25 ans. La bonne humeur et l’invention dont elle frémit rend un hommage implicite à l’héritage de Joseph Haydn. L’humour du grand prédécesseur affleure ici et là, avec néanmoins comme une âpreté prophétique qui murira avec le temps.
Enfin le trio à cordes n° 1 de l’opus 3, du même Beethoven, porte en germe un peu du geste savant et fort que le compositeur portera à son paroxysme dans ses dernières pièces de musique de chambre. Les trois interprètes, outre la beauté formelle de leur jeu, soulignent habilement les contrastes de rythme, de tempo et de dynamique que porte en elle la succession des six mouvements. Une vitalité réjouissante habite de bout en bout leur exécution.
Un dessert savoureux est offert comme bis au public enthousiaste. Pourquoi ne pas l’appeler « le 5ème tango de Beethoven »… Il habille en effet d’un rythme de tango les thèmes principaux de la 5ème symphonie de Beethoven. L’humour au service de la musique.
Serge Chauzy |
|
|
infos |
| |
|
| |
| |
Programme du concert :
* W.-A. Mozart
- Quatuor avec flûte K.285 en ré majeur
* L. Van Beethoven
- Sérénade (fl /vl /alto) op. 25 en ré majeur
- Trio à cordes op. 3 en mi bémol majeur
|
|