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Concerts / Orchestre du Capitole / Sokhiev - Korcia (11/01/07)
     

Tugan Sokhiev (photo Patrice Nin)
     

CRITIQUE

Dialogue franco-tchèque

Une première partie bien ancrée dans la « francitude » ouvrait la voie à un volet profondément tchèque dans la seconde, lors du concert du 11 janvier dernier donné par l’Orchestre du Capitole, sous la direction de Tugan Sokhiev. Opposition fructueuse et riche qui mettait en valeur, une fois de plus, les qualités de couleurs et de dynamique de la phalange toulousaine.

Emergeant du silence panthéiste d’un solo de flûte, le « Prélude à l’après-midi d’un faune » de Debussy, déroule ses paresses langoureuses dans un climat d’abord feutré, puis exalté, pour retomber dans le silence de la nuit. Tugan Sokhiev déploie la grande ligne et soigne le détail des frémissements subtils, incarnés avec finesse par les bois, chaleureux et colorés.


 

Le grand violoniste Laurent Korcia déploie ensuite la sonorité dense et profonde de son magnifique stradivarius dans deux pièces fortes et belles. Le lyrisme intense et nostalgique du « Poème pour violon et orchestre » d’Ernest Chausson convient parfaitement à son jeu spontané et franc. « Tzigane », de Maurice Ravel, met à nu un tempérament d’écorché vif. Rugueuse et sauvage, son interprétation s’insère dans un cocon orchestral d’une richesse de timbres et de couleurs, d’un relief sonore, étonnants. La « Mélodie » de Bela Bartok que Laurent Korcia joue en bis révèle une intériorité nostalgique touchante et belle.

Consacrée à la 9ème symphonie d’Antonin Dvorak, la fameuse « Symphonie du Nouveau Monde », la seconde partie nous emmène ailleurs.

Le violoniste Laurent Korcia
(photo Lisa Roze - naïve)


Un ailleurs qui mêle des musiques d’inspiration américaine mais, au fond, bien ancrées dans le terroir d’Europe Centrale. L’orchestre témoigne ici d’une dynamique incroyable, du pianissimo le plus ténu au triple fortissimo explosif, sans pour autant saturer l’acoustique de la Halle-aux-Grains. Tugan Sokhiev souligne les contrastes d’atmosphère qui caractérisent chaque mouvement, opposant le dynamisme de l’allegro molto initial à la frémissante rêverie du largo. Le final resplendit comme un coucher de soleil triomphant.

Fait exceptionnel, les musiciens et leur chef offrent au public enthousiaste un cadeau sonore. La première Danse Slave du même Dvorak, extraite du 1er recueil. Eblouissement d’une explosion sonore festive et enfiévrée.

 

Serge Chauzy

 

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