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Concerts /
Orchestre du Capitole / Sokhiev - G. Capuçon 05/01/07 |
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| Tugan Sokhiev (photo Patrice Nin) |
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CRITIQUE
Sous le signe de Haydn
Dans une récente interview publiée sur ce site, Tugan Sokhiev, le dynamique nouveau « patron » de l’Orchestre du Capitole insistait sur la nécessité de développer le répertoire classique de la phalange toulousaine. Le concert du 5 janvier dernier illustrait parfaitement sa démarche. Les trois œuvres au programme, bien que couvrant deux siècles de l’histoire de la musique, se réclament de Joseph Haydn, le grand créateur des formes classiques toujours utilisées de nos jours.
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Le cœur du concert n’est autre que le 1er concerto pour violoncelle et cordes de Haydn lui-même, partition longtemps perdue et récemment redécouverte. Gautier Capuçon, jeune artiste étonnant de maturité et de spontanéité combinées, en est le soliste. Alliant rigueur du style et imagination, il joue la carte de la musique de chambre, en accord étroit avec les musiciens et le chef, attentif et précis.
Raffinée et vigoureuse, son interprétation est un modèle du genre. Le tempo vertigineux qu’il choisit et assume avec panache pour l’allegro final suscite l’enthousiasme général. Deux bis, dont une émouvante transcription de la mélodie de Fauré « Après un rêve » complètent sa prestation toulousaine.
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Gautier Capuçon |
La Symphonie Classique, de Prokofiev, qui ouvre le concert, se réclame du même style, de la même lumière. Tugan Sokhiev confère à l’œuvre un poids particulier, fait de sonorités généreuses et de tempi retenus. Le relief sonore de l’orchestre y fait merveille, grâce notamment à l’intensité des interventions des bois.
La seconde partie du concert, consacrée à la trop rare 2ème symphonie de Beethoven, illustre la conception forte et originale que Tugan Sokhiev met en œuvre. Vigueur tonique, oppositions subtiles entre tensions et détentes caractérisent son approche. Le stupéfiant suspense de l’adagio d’introduction laisse la place à un allegro nerveux qui avance avec détermination. Dans l’étonnant final, fièvre et humour font bon ménage. Les surprises succèdent aux surprises dans un éblouissant tourbillon. La formidable précision de l’exécution donne encore plus de force à la conception acérée de l’œuvre. Décidemment le « Beethoven » de Tugan Sokhiev renouvelle le propos et ranime toutes les flammes.
Serge Chauzy
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