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Concerts/
Orchestre du Capitole / T. Sokhiev,
P. L. Aimard (14/09/2007) |
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Tugan Sokhiev ouvre la saison symphonique sur un triomphe
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CRITIQUE
Dialogue au sommet
Le premier concert de la saison symphonique de l’Orchestre du Capitole coïncidait avec la deuxième soirée de la carte blanche offerte à Pierre-Laurent Aimard par le festival Piano aux Jacobins. Une Halle-aux-Grains surchauffé (au sens propre comme au figuré) accueillait donc, le 14 septembre dernier, l’orchestre toulousain et son chef bien-aimé Tugan Sokhiev, ainsi que le grand pianiste français dans un programme franco-russe associant Ravel et Tchaïkovski.
La suite symphonique du ballet « Ma Mère l’Oye », de Maurice Ravel, réunit la science d’orchestrateur du compositeur de Boléro et la poésie la plus intime dont il est capable. Tugan Sokhiev, qui choisit des tempi d’une lenteur maîtrisée, manifeste une souplesse admirable de la ligne mélodique, obtient des différents pupitres les parfaits dosages. Les couleurs de l’Orchestre du Capitole, tour à tour subtiles et éclatantes, font merveille. Ombre et lumière se succèdent, se complètent dans la plus parfaite harmonie. Le crescendo final du « Jardin féérique » donne le frisson ! |
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Dans le flamboyant concerto en sol, du même Ravel, Pierre-Laurent Aimard se révèle impérial. Son discours sait s’imposer au sein d’un orchestre d’une éblouissante richesse, ou se fondre avec finesse dans la diversité de ses timbres. Rigueur et poésie font ici bon ménage. Il colore son toucher de teintes soutenues et chaleureuses. Dans la complexité rythmique de l’Allegramente initial le soliste déploie un véritable feu d’artifice. La touchante poésie de l’Adagio assai, les éclats fulgurants du Presto final sont traduits avec autant d’intensité que de richesse. L’humour pointe quelques pieds-de-nez complices entre le piano et l’orchestre. Tugan Sokhiev et Pierre-Laurent Aimard parlent là le même langage. |
Pierre-Laurent Aimard, soliste du concerto en sol de Ravel |
La symphonie n° 5 de Tchaïkovski occupe toute la seconde partie. Voici une musique forte, douloureuse, tragique pour laquelle Tugan Sokhiev possède une affinité particulière et qui semble couler dans ses veines. Il obtient de son orchestre, bien français pourtant, des sonorités russes indéniables, comme cette projection « pointue » des trompettes. Une profonde passion anime sa direction. De l’introduction désolée, admirablement déclamée par la clarinette de David Minetti, à l’explosion finale, sorte d’apothéose d’une défaite, l’œuvre se déroule comme un combat rageur. Seule accalmie, ce splendide solo de cor de l’Andante cantabile. Bravo à Jacques Deleplancque pour son très beau phrasé.
L’accueil triomphal du public résonne alors comme une délivrance.
Serge Chauzy |
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infos |
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Programme du concert :
* M. Ravel
- Ma Mère l'Oye
- Concerto pour piano en
. sol majeur
* P. Tchaïkovski
- Symphonie n° 5 |
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