|
|
Concerts/
Orchestre du Capitole / M. Minkovski (17/03/2007) |
| |
|
|

Le chef d'orchestre Marc Minkowski
(photo Guy Vivien/DG)
|
|
CRITIQUE
La révolution Berlioz
La fièvre qui anime Berlioz lorsqu’il compose son Roméo et Juliette transparaît dans l’écriture de cette œuvre étrange, insolite, hybride, et somme toute unique dans sa forme. Qualifiée de « symphonie dramatique » par son auteur, elle témoigne de l’admiration sans borne que Berlioz voue à Shakespeare, le symbole d’un certain romantisme absolu. Les voix solistes incarnent les personnages secondaires, alors que Roméo et Juliette se manifestent seulement à l’orchestre.
|
Le 17 mars dernier, à la Halle-aux-Grains, Marc Minkowski, à la tête de l’Orchestre du Capitole, renoue avec les traditions héritées de sa pratique des musiques du passé. Sous sa direction, la phalange toulousaine sonne avec moins d’épaisseur, plus de transparence qu’à l’accoutumée. Les contrastes dynamiques accusent les fréquents changements d’atmosphère et d’humeur qui foisonnent ici. L’élément le plus sensible est probablement l’absence de vibrato systématique des cordes que le chef obtient de ces pupitres. Comme à l’époque de Berlioz, le vibrato n’est qu’une nuance de plus qui donne de la couleur ou du lyrisme. Grâce au savoir faire des musiciens, Marc Minkowski l’utilise à très bon escient, probablement aidé en cela par la grande pratique acquise par le premier violon, Laurent Pellerin.
A la suite d’une introduction quelque peu échevelée, ce retour aux sources renforce l’étonnant modernisme musical du drame qui se noue et se développe dans une éblouissante diversité expressive.
Tous les pupitres, cordes, bois et cuivres (impressionnants trombones) doivent être félicités. La qualité exceptionnelle de l’ensemble vocal Les Eléments, placé sous la direction de Joël Suhubiette, si elle ne surprend plus, doit être soulignée : timbres, justesse et dictions restent exemplaires. Une profonde émotion imprègne toutes ses interventions.
Quant aux trois solistes vocaux, ils brillent tous par leur totale implication. La mezzo-soprano suisse Yvonne Naef développe un récit d’une intense beauté expressive et musicale, alors que le Mercutio du jeune ténor français Loïc Félix bénéficie d’une diction et d’une vivacité réjouissantes. Alain Vernhes est un frère Laurent plein d’émotion.
Berlioz reste un éternel révolutionnaire.
Serge Chauzy
|
|
|
infos |
| |
Programme du concert :
* H. Berlioz
Roméo et Juliette, symphonie dramatique pour solistes choeur et orchestre
|
| |
|
| |
|