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Concerts / Orchestre National du Capitole - Thomas Søndergård, direction -
Josef Špaček, violon - 15 février 2018
     

CRITIQUE

Beethoven Dvořák, le bonheur musical

Le 15 février dernier, l’Orchestre national du Capitole recevait de nouveau le chef danois avec lequel les musiciens toulousains ont tissé de solides liens musicaux, Thomas Søndergård, qui est ainsi devenu un habitué de la Halle aux Grains. Un nouvel invité est venu se joindre à cette association qui fonctionne parfaitement depuis des années. Le jeune violoniste tchèque Josef Špaček apparaît ainsi pour la première fois, à la Halle aux Grains de Toulouse.

La curiosité des mélomanes toulousains avait pour objet la découverte d’un nouveau talent de l’archet venu d’Europe de l’Est. Josef Špaček possède un palmarès impressionnant. Lauréat du prestigieux Concours Reine Élisabeth de Belgique et titulaire des Premiers prix du Concours international Michael Hill (Nouvelle Zélande), du Concours international Carl Nielsen (Danemark) et des Young Concert Artists International Auditions de New York, il s’est déjà produit avec l'Orchestre philharmonique Tchèque (dir. Valery Gergiev), l'Orchestre symphonique de la RAI de Turin (dir. James Conlon) et a débuté avec le Philharmonique de Rotterdam (dir. Jiří Bělohlávek) et à Berlin (dir. Thomas Sanderling).



Le violoniste tchèque Josef Špaček sous la direction de Thomas Søndergård
- Photo Classcitoulouse -

Ce grand jeune homme vif et sympathique venait se confronter à l’un des concertos pour violon les plus exigeants du répertoire romantique, celui d’Antonin Dvořák. Son écriture, hautement technique, a même rebuté le dédicataire de l’œuvre, le grand Joseph Joachim, qui, après avoir exigé du compositeur de nombreuses modifications, décida de ne pas créer ce concerto ! Les difficultés accumulées n’intimident visiblement pas Josef Špaček qui se lance dans ce défi avec une énergie, une volonté, une virtuosité sans faille, lesquelles mobilisent tout son corps. Le violoniste danse autant qu’il joue cette pièce, avec une élégance naturelle. La clarté de sa sonorité passe aisément celle d’un orchestre très présent et dirigé avec vigueur et relief par Thomas Søndergård. Le soliste occupe tout l’ambitus, jusqu’aux extrêmes aigus avec la même ardeur. Le premier volet de la partition, constitué de l’enchaînement des deux premiers mouvements, est ainsi parcouru comme un conte épique, alternant les épisodes dramatiques et les plages de nostalgie caractéristiques de la « mitteleuropa ». Le violoniste n’élude aucune des difficultés accumulées par le compositeur : doubles cordes, sons harmoniques, trilles diaboliques sont restitués avec panache. Le final, Allegro giocoso ma non troppo, est pris au pied de la lettre. Le soliste et l’orchestre dialoguent sur un rythme de danse d’une jubilation contagieuse. Jusqu’à cette coda conclusive qui semble libérer toute l’énergie accumulée. C’est une acclamation unanime qui salue la performance. Rappelé avec insistance, Josef Špaček offre un bis tout aussi virtuose : le final de la Sonate n° 2 d’Eugène Ysaÿe « Obsession », parcouru du thème obsédant du Dies Irae. Frisson assuré !



Thomas Søndergård à l'issue du concert - Photo Classictoulouse -

Le concerto de Dvořák est encadré ce soir-là par deux partitions de Beethoven. L’histoire du Comte flamand Egmont, popularisée par la pièce de Goethe, a inspiré à Beethoven une musique de scène flamboyante destinée à exalter l’hymne à la liberté que cette histoire véhicule. L’ouverture de cette partition, devenue célèbre et emblématique, est abordée par Thomas Søndergård et son orchestre avec une vigueur volontaire. Le drame sous-tend toute la partition dont le final sonne comme une ardente victoire. En outre cette exaltante proclamation bénéficie d’un bel équilibre entre cordes et vents.
La Symphonie n° 4 en si bémol majeur du même Beethoven n’est pas la plus souvent inscrite aux programmes des grands concerts symphoniques. Coincée entre la révolutionnaire « Héroïque » et la célébrissime 5ème, cette partition marque une pause dans les révoltes qui animent le compositeur. La vision développée par le chef danois, ardemment suivi par le jeu affûté de tout l’orchestre, procède d’une analyse élaborée et soutenue par une passion constante, une nervosité bienvenue. Ainsi, les premières mesures Adagio du mouvement initial revêtent un mystère presque inquiétant. L’explosion Allegro vivace qui suit n’en possède que plus d’éclat. L’Adagio navigue habilement entre ironie légère (le systématique balancement rythmique évoque quelque métronome obstiné !) et rêverie habitée par les subtiles interventions des instruments solistes comme la clarinette, la flûte, le cor ou le basson. La conclusion du mouvement renverse la table !
La danse est au cœur du scherzo, Allegro vivace, comme ivre de son propre rythme, et de son trio, habilement contrasté. Quant au final, Allegro ma non troppo, pris dans un tempo soutenu, il résonne comme un jeu exaltant entre les divers pupitres qui s’acquittent de leurs interventions avec brio. Un grand bravo à tous les musiciens, comme entraînés dans un tourbillon joyeux. Une joie qui se communique immédiatement à toute la salle manifestement réjouie d’un tel déploiement de félicité !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 16 février 2018

 

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 
Programme du concert donné le 15 février 2018 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse :

* L. van Beethoven

- Ouverture d'Egmont

* A. Dvořák
- Concerto pour violon et orchestre

* L. van Beethoven

- Symphonie n° 4

 

 

 

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