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Concerts / Orchestre du Capitole - Samson et Dalila - Tugan Sokhiev , dir.
Ben Heppner, Elena Bocharova - 13/05/2011 |
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CRITIQUE
Grandeur fragile
Composé comme une sorte d’oratorio dramatique, l’opéra Samson et Dalila, de Camille Saint-Saëns, requiert d’imposantes forces orchestrales et vocales. Le 13 mai dernier, la Halle aux Grains accueillait la version de concert de cette vaste partition créée, ne l’oublions pas, en 1877 à Weimar, grâce à l’accueil généreux de celui dont on célèbre d’ailleurs cette année le bicentenaire de la naissance, Franz Liszt. |

La mezzo-soprano russe Elena Bocharova et le ténor canadien Ben Heppner, avec l'Orchestre national du Capitole dirigé par Tugan Sokhiev © Classictoulouse
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L’orchestre et le chœur ont un rôle majeur à jouer dans cette fresque biblique sur laquelle Saint-Saëns travailla pendant près de 18 ans. Les rôles-titres de cet ouvrage réclament des voix et des endurances particulières. Les deux partenaires initialement choisis se sont universellement illustrés dans ce répertoire. Malheureusement, Olga Borodina, célèbre Dalila, dut déclarer forfait pour raison de santé. C’est Elena Bocharova, autre mezzo-soprano russe, lauréate de l’ « Adler Fellowship Program », qui fut choisie pour la remplacer. Sa voix solide, son engagement certain, sa plastique généreuse construisent un personnage provocant, séducteur, vraisemblable de celle par qui le malheur arrive.
Samson est distribué à celui qui incarne avec bonheur, depuis des années, les rôles les plus lourds du répertoire, de Tristan à Otello en passant par Siegfried ou Enée, le ténor canadien Ben Heppner. Si sa science du phrasé, du legato, son timbre touchant sont ceux qui conviennent bien à cette partition, son état vocal donne ce soir-là d’inquiétants signes de fatigue. Malgré son courage de ne rien vouloir transposer, la plupart des aigus de sa partie sont hélas irrémédiablement craqués. Une voix, même grande, reste un instrument fragile. Souhaitons que cette faiblesse momentanée ne soit que de courte durée. Le baryton-basse islandais Tómas Tómasson incarne quant à lui un très sombre Prêtre de Dagon au timbre noir. Les personnages complémentaires s’acquittent avec sérieux et vaillance de leur tâche respective, de Nicolas Testé, dans le rôle d’Abimélech, à Guðjón Oskársson, le vieillard hébreu, en passant par les deux Philistins, Charles Ferré et Tomislav Lavoie, et le messager Alain Gabriel. |

Le Chœur et l'Orchestre du Capitole © Classictoulouse |
Le Chœur du Capitole, préparé par Alfonso Caiani, se hisse au plus haut niveau. Il devient ainsi le rôle principal de l’ouvrage. L’impact dramatique de sa contribution s’ajoute à la précision et à la parfaite justesse de son chant. Il complète à merveille l’intense commentaire orchestral qu’anime avec ardeur Tugan Sokhiev. Dynamique impressionnante, nuances extrêmes, dramatisme exacerbé construisent une exécution d’une grande richesse de couleurs et de timbres. L’introduction orchestrale de l’ouvrage donne le ton. Le crescendo, initié par les somptueux pupitres de contrebasses et de violoncelles, construit peu à peu le socle dramatique de l’œuvre. Et puis, comme toujours, on admire la qualité musicale des solos instrumentaux, du hautbois à la clarinette, du tuba au cor.
Un beau succès public, surtout dirigé vers le chœur et l'orchestre, salue cette première exécution qui doit être répétée le 15 mai dans cette même Halle aux Grains et le 17, salle Pleyel à Paris.
Serge Chauzy |
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infos |
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Programme des concert des 13 et 15 mai à 20 h, à la Halle aux Grains de Toulouse et le 17 mai à
20 h Salle Pleyel à Paris :
* C. Saint-Saëns
- Samson et Dalila
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